Le résumé de la semaine écoulée

La saison cycliste est désormais lancée, les courses se multiplient aux quatre coins du monde, de la Colombie à Dubaï, en passant par l’Espagne, la Provence et la course d’ouverture italienne à Laigueglia. Petit résumé d’une semaine bien chargée. 

Viviani et Quick Step dominent à Dubaï

La plupart des meilleurs sprinters du peloton se sont retrouvés à Dubaï pour une course de cinq étapes presque complètement plates. Après avoir reporté 3 étapes sur 4 et le classement général l’an dernier, Marcel Kittel était le grand favori, mais l’Allemand a découvert qu’il lui faudra un peu de temps pour assimiler le passage chez Katusha. Pendant que ses anciens coéquipiers mettaient Elia Viviani sur orbite, le Dolph Lundgreen du peloton galérait pour se placer correctement et termine la semaine avec une troisième place comme meilleur résultat. Dylan Groenewegen, Sonny Colbrelli et Mark Cavendish s’en sortent beaucoup mieux en remportant chacun une étape, alors que Nacer Bouhanni a encore emmerdé son monde en emmenant au tapis Cavendish et Groenewegen à la sortie du dernier virage lors de l’ultime sprint. Magnus Cort Nielsen a montré qu’il s’est bien remis de sa fracture de la clavicule et est passé très près de la victoire à plusieurs reprises. Quant à Alexandr Kristoff et  John Degenkolb, ils étaient loin de pouvoir lutter avec les meilleurs sprinters et se sont contentés d’engranger des kilomètres en préparation des classiques. Avec deux victoires d’étapes et le classement général, le grand vainqueur du Tour de Dubaï est finalement Elia Viviani. L’italien s’est très vite acclimaté au sein de sa nouvelle formation et prouve que lorsqu’on dispose du meilleur train du peloton, la victoire est beaucoup plus simple. Pour l’instant, Patrick Lefevere semble avoir gagné son pari : Kittel ou Viviani, peu importe, au final, ce sont les Quick Step qui gagnent.

Succès populaire pour le retour du grand cyclisme en Colombie

La première édition de la Vuelta Oro y Paz a obtenu le succès escompté. Les images des milliers de spectateurs massés au bord des routes ont fait le tour du monde et la grande fête du cyclisme colombien a mis en valeur les grandes stars locales. Fernando Gaviria a dominé les étapes de plaine, alors que Uran, Quintana, Bernal et Henao se sont livrés une belle bataille dans les étapes plus dures. Seul Julian Alaphilippe a réussi à s’insérer parmi les Escarabajos en s’imposant à sa façon lors de la quatrième étape. Au final, c’est le jeune Egan Bernal qui l’emporte grâce à une entente parfaite avec son équipier Henao lors de la dernière étape de Manizales. Une dernière étape qui a même permis à Dayer Quintana d’obtenir une victoire de prestige devant son public et faire oublier un instant qu’il n’est que le petit frère moins fort de Nairo. La Vuelta Oro y Paz a donc déjà trouvé sa place dans le calendrier mondial. Il faudra cependant attirer plus de coureurs de qualité pour éviter qu’elle ne devienne qu’un simple championnat de Colombie par étapes.

Moreno Moser de retour… pour combien de temps ?  

La traditionnelle course d’ouverture du calendrier italien s’est déroulée dimanche en Ligurie, avec le Trofeo Laigueglia. Une course délaissée par le plupart des formations World Tour avec la seule AG2R comme équipe de première catégorie. Du coup, comme en 2017, c’est un coureur de l’équipe nationale italienne qui s’est imposé, mais probablement pas celui que l’on attendait. En effet, alors qu’on pensait que Nicolo Bonifazio ou Gianluca Brambilla étaient les mieux placés pour jouer la gagne face aux puncheurs des formations Continental transalpines, c’est Moreno Moser qui est sorti du lot en plaçant une attaque fulgurante dans la dernière montée pour ensuite consolider et augmenter son avance dans la descente et la dernière portion de plat. Après avoir été le plus jeune vainqueur de cette course en 2012, Moser réédite l’exploit et revient sur le devant de la scène après une première saison catastrophique chez Astana en 2017. Personne ne savait où il était ni ce qui se passait avec ce talent gâché. Et alors qu’on pensait que le lente descente aux enfers allait se poursuivre cette saison, le neveu du grand Francesco a montré qu’il n’a pas encore dit son dernier mot. Un signe annonceur d’un printemps enfin ensoleillé pour Moreno ? Rien n’est moins sûr, car Moser nous a habitué à disparaître aussi vite qu’il n’est venu, comme après sa victoire aux Strade Bianche en 2013 ou après sa médaille de bronze au contre-la-montre des championnats d’Europe en 2016.

Luis Leon Sanchez, enfin vainqueur chez lui

La Vuelta ciclista de la Region de Murcia n’intéressait pas grand monde. En effet, pourquoi suivre une autre course de préparation espagnole, alors qu’on sait que c’est Alejandro Valverde qui va gagner, en solitaire ou au sprint, peu importe. Mais pour une fois, Luis Leon Sanchez a chamboulé le scénario établi. Il avait tenté de le faire sans succès lors des courses de Majorque, mais cette fois le leader d’Astana a réussi a s’imposer devant El Imbatido en le privant d’un sixième succès sur ses terres. Un Murcien qui bat une autre Murcien… après le championnat de Colombie par étape, un championnat de Murcie sur une journée… Heureusement que ce n’est pas Ruben Fernandez qui termine troisième. Une troisième place qui revient par ailleurs à Philippe Gilbert. Pas mal pour sa première course de la saison.

Caleb Ewan gagne le duel à Almeria

Le secret pour se mettre en confiance lors des courses de début de saison, c’est de s’aligner sur des épreuves où la concurrence est modeste. Comme par exemple participer à une course sans difficultés mais sans sprinters au départ. Caleb Ewan l’a bien compris et pendant que tous les jet-men du peloton s’affrontaient à Dubaï, il remporte assez facilement la Clasica de Almeria. Enfin… il a juste dû batailler un peu face à Danny Van Poppel qui pensait pouvoir obtenir un deuxième succès en Espagne après celui à Valence. Bah oui Danny, c’est moins facile lorsqu’il y a de la concurrence…

Laporte et Geniez champions de Provence

Les Colombiens en Colombie, les Italiens en Italie, les Espagnols en Espagne et les Français en Provence. Le Tour cycliste international (Sic) La Provence a permis à quelques coureurs de l’Hexagone de s’affronter aux alentours de Marseille. Alexandre Geniez a su capitaliser l’avance obtenue lors du prologue initial en résistant aux attaques de ses adversaires lors de l’étape reine de l’épreuve avec l’arrivée sur l’Espigoulier. Une étape reine remportée par un revenant, Remi Di Gregorio, pour le plus grand plaisir de ses sponsors de Delko-Marseille Provence. On notera aussi que Christophe Laporte se confirme une réelle alternative à Nacer Bouhanni pour les sprints chez Cofidis. L’ancien poisson pilote du boxeur remercie Cédric Vasseur qui l’a libéré de son ancien rôle en lui donnant plus de responsabilités. Il remporte les deux étapes avec arrivée au sprint et compte déjà trois victoires au compteur en 2018. 

Comentarios

Grosse confusion, mais gros

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Grosse confusion, mais gros frissons à l'arrivée de la Oro y Paz hier. Par contre pas certain que, au hasard, Geraint Thomas et Wout Poels aient autant apprécié... D'où ma question aux experts (Lucho, le Gitan,...) : vous pensez que Bernal est déjà mûr pour être leader sur le Giro ou la Vuelta?

Il a tout d un grand...mais

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Il a tout d un grand...mais dire qu il peut gagner un Grand Tour à 21 ans serait quand même un peu présomptueux...et chez Sky, le leader doit jouer la gagne..C 'est quand même très différent un GT d 'un tour d'Australie ou d un tour de Colombie de début de saison. Ceci dit entre Thomas et Bernal...je ne suis pas certain duquel finirait le mieux placé à la fin d'un GT. Un Giro bien Montagneux..et une Vuelta ou on a déjà vu des seconds couteaux gagner;..why not!?

Bernal a du talent, c'est

Bernal a du talent, c'est indéniable. Les résultats de la saison dernière le prouvent. Maintenant, c'est difficile de tirer des conclusions de cette Vuelta Oro y Paz. Une telle course de début de saison ne veut pas dire grand chose et il faudra voir Bernal à l'oeuvre dans les courses d'une semaine européennes, s'il y participe. Après, comme pour tous les Colombiens son gros point faible risque d'être le clm et même si chez Sky ils peuvent l'aider à progresser, ils ne lui donneront pas de rôle de leader s'il savent qu'il perd 5 secondes au km face aux meilleurs rouleurs comme Dumoulin voir Nibali. A suivre de très près en tous les cas.