Le Bilan de la saison 2018: les ClassiXmen

Après les jeunes et les sprinters, voici le troisième chapitre de notre bilan de la saison cycliste. Entre le sérieux et l’ironique, la rédaction de Fantacycling.com analyse les prestations des chasseurs de classiques.

LE TOP

Alejandro Valverde

Certes, cette année Alejando Valverde a été battu sur SON Mur de Huy après quatre ans de domination absolue, il n'a toujours pas réussi à remporter des courses qui semblent faites pour lui comme les Strade Bianche ou l'Amstel, il a été impuissant à Liège-Bastogne-Liège et au Tour de Lombardie… Mais il a remporté le titre de champion du monde à Innsbruck. Une consécration qui vaut toutes les classiques du calendrier. Cerise sur le gâteau, il termine en tête du classement UCI de l'année avec pas moins de 14 victoires et d'après le site de statistiques CQ Ranking, il réalise la troisième meilleure saison de sa carrière. Le tout à 38 ans. Eterno Imbatido!

 

Julian Alaphilippe

Dans le bilan de la saison 2017, on avait écrit qu'il était temps que Julian Alaphilippe apprenne à gagner des courses. Et bien c'est chose faite. 12 succès, dont des classiques importantes comme la Flèche Wallonne ou la Clasica San Sebastian, des victoires dans presque toutes les courses par étape  auxquels il a participé et même des victoires au classement général du Tour of Britain et du Tour de Slovaquie, sans compter son maillot à pois au Tour de France. Seul petit bémol d'une saison parfaite, les championnats du monde d'Innsbruck où il était le grand favori, mais finalement trop court dans les terribles pentes de la dernière montée, ce qui a quelque peu compromis les chances d'une équipe de France qui avait tout pour l'emporter. Mais Alaf a clairement passé un cap et risque de devenir un cannibale dans les prochaines années.  

 

Niki Terpstra

C'est vrai que Niki Terpstra ne passionnera jamais les foules, mais force est de constater qu'il était bien le mâle alpha du Wolf Pack de Patrick Lefevere cette année. Celui qui reste dans l'ombre avant l'attaque pour mieux profiter du travail de sa meute. Le plus puissant qui lâche ses équipiers ou ses adversaires à la pédale dans un faux plat flandrien, comme Lampaert à l'E3 ou Nibali au Tour des Flandres. Trois victoires en solitaire au Samyn, au GP de l'E3 et au Tour des Flandres pour sa dernière saison chez Quick-Step, c'est le printemps parfait. On verra s'il sera plus prolifique que Chavanel chez Direct Énergie, mais en attendant,  il est le seul coureur en activité à avoir remporté le triptyque E3-Ronde-Roubaix. 

 

Peter Sagan

Neuf victoires, dix 2ème places, sept 3ème place, des Monuments, un nouveau maillot vert au Tour… une saison sommes toutes assez banales pour Peter Sagan. Mais alors qu'il s'était fait surclasser par Van Avermaet au printemps 2017, le triple champion du monde a repris sa coursonne de Roi du Nord en s'imposant une troisième fois à Wevelgem et pour la première fois à Roubaix. En terminant 4ème de l'Amstel, il montre qu'il peut aussi viser des courses plus dures, même si sa tentative de défendre son titre arc-en-ciel à Innsbruck était vouée à l'échec et plus une opération marketing qu'une réelle tentative de lutter contre des grimpeurs en montagne…  On notera cependant que Milan-Sanremo reste une classique qui ne lui sourit pas et que pour la première fois de sa carrière, il termine un grand tour (la Vuelta) sans remporter une étape, ni le classement à points. Rien de grave, le Roi est bien en place.

Michael Valgren

Cela va sans dire, le danois est l'un des hommes forts de cette saison 2018. Il s'empare en solitaire du Circuit Het Nieuwsblad, se classe quatrième du Tour des Flandres et remporte, ni plus, ni moins que l'Amstel Gold Race après s'être extirpé du groupe des favoris à 2 kilomètres de l'arrivée… Véritable stakhanoviste et non content de ses performances sur les routes sinueuses du plat pays, il se manifeste de fort belle manière avec trois top10 sur le Tour de France. Après avoir terminé deuxième de la Bretagne Classic fin août, loin d'être encore rassasié, il se fait remarquer de l'autre côté du globe en terminant deux fois dans les 10 sur les Classiques canadiennes. In fine, ses championnats du monde, où il dépose tout le monde en facteur sur la course en ligne, aurait pu être l'épilogue d'une saison absolument remarquable pour ce jeune issu de l'impressionnante génération dorée danoise. Il n'y termine finalement que septième, après une dixième place sur le contre-la-montre, mais aura indéniablement marqué de son empreinte une saison qui l'aura vu damer le pion à pas mal de favoris. L'avenir s'annonce florissant pour ce jeune coureur qui nous fait étrangement penser à un Suisse dont la carrière fut également somptueuse.

Michael Matthews

Dès le début de saison, Michael Matthews semblait vouloir miser sa saison sur les classiques, plus que sur les sprints ou victoires d’étape dans les tours. Il avait prévu de participer à toutes les classiques de printemps, flandriennes et ardennaises, mais une chute au Nieuwsblad a quelque peu chamboulé ses plans. Il devra se contenter d’une septième place à Milan-Sanremo et de deux treizièmes place à l’E3 et Gand-Wevelgem, pas si mal que ça pour des premières expériences sur les pavés. Il a ensuite impressionné sur le Mur de Huy en terminant 5ème de la Flèche Wallonne, mais est passé à travers de Liège-Bastogne-Liège. Après un abandon prématuré au Tour, il fait plus que sauver sa saison en réalisant le doublé GP du Québec – GP de Montreal en septembre. Seul son modèle Simon Gerrans y était parvenu en 2014, ce qui confirme que les courses d’un jour seront de plus en plus présentes dans le futur de Mister Bling Bling.

 

Oliver Naesen

La saison d'Oliver Naesen peut être interprétée de deux manières: d'un côté, il n'a pas réellement passé un nouveau cap après son arrivée sur le devant de la scène en 2017, car certains le voyaient aller chercher une grande classique; de l'autre côté, Naesen a confirmé au plus haut niveau grâce à une impressionnante régularité, ce qui n'est pas toujours évident, et s'il avait eu moins de malchance, il aurait pu gagner plus que la simple Bretagne Classics - Ouest France. Au final, on mettra surtout en évidence ses 13 top-15 sur les 19 courses d'un jour disputés en 2018. En attendant les victoires, il se forge une réputation d'un coureur fiable pour toutes sortes de pronostics...

Jasper Stuyven

Comme son copain Naesen, Jasper Stuyven a réalisé une saison pleine et toujours au plus haut niveau, même si la victoire n'a pas toujours été au rendez-vous. Un exemple? Sur les 7 classiques flandriennes disputées, il se place 6 fois dans le top-10, mais uniquement à la 4ème, 5ème, 6ème, 7ème, 9ème  et 10ème place.  Les victoires viendront plus tard, notamment au BinckBank Tour, au Tour de Wallonie et au GP Jef Scherens, mais c'est surtout sa régularité qui a impressionné, avec pas moins de 29 courses terminées dans le top-15. Une régularité déjà entrevue en 2017 et qui le place désormais parmi les vrais costauds du peloton.

 

Wout Van Aert

Le triple champion du monde de cyclo-cross nous a gratifié d'une saison 2018 en tous points remarquable. On le savait doué dans les verts pâturages, on le sait désormais plus qu'habile sur la route où il brillé de mille feux. Pour sa première année au sein du peloton, le natif d'Herentals a déjoué les pronostics les plus optimistes quant à son éclosion sur le bitume. Admirable sur toutes les Classiques de printemps, avec quelques accessits de haute volée pour un néophyte, il réalise sur les Strade Bianche un numéro qui restera assurément dans les annales. Aux confins de l'effort et son vélo à bout de bras, il s'empare d'une exceptionnelle troisième place qui en augure désormais bien d'autres dans un très proche avenir. Cerise sur le gâteau, après avoir remporté le Tour du Danemark en août, il termine sur le podium des championnats d'Europe à Glasgow. En attendant 2020, où il s'est engagé auprès de la Lotto NL-Jumbo après avoir rompu son contrat avec Vérandas Willems-Crelan, il s'alignera, sans aucun doute avec brio, sur les premières courses de la saison 2018-2019 sous les couleurs de la formation belge continentale Cibel-Cebon.

 

LE FLOP

Michal Kwiatkowski

Kwiatko n'a pas réalisé une mauvaise saison, loin de là. Ses succès à Tirreno-Adriatico, au Tour d'Algarve et au Tour de Pologne confirment qu'il est redoutable sur les courses d'une semaine. Mais le Polonais a déçu sur celui qui devrait être son terrain de prédilection, à savoir les classiques de printemps et les Ardennaises en particulier. Son meilleur résultat est une 11ème place à Milan-Sanremo et dans les autres courses printanières il a été transparent.  On ne doute pas qu'il remportera encore des grandes classiques, mais Kwiatkowski a encore une fois rendu dingue les pronostiqueurs du monde entier en ratant les rendez-vous où il était favori et en créant la surprise là où on ne l'attendait pas…

 

Greg Van Avermaet

Bien sûr, ce n’était pas facile de rééditer les performances de l’exceptionnelle saison 2017, mais on ne lui en demandait pas autant. Greg Van Avermaet n’a pourtant pas complètement raté sa saison, avec une victoire au Tour de Yorkshire et quelques jours en jaune sur la Grande Boucle. Mais en ce qui concerne les classiques, GVA est plutôt redevenu l’éternel deuxième qu’il était avant son titre de champion olympique. 3ème à l’E3, 5ème au Ronde, 4ème à Roubaix, 2ème au GP du Québec, 3ème au GP de Montréal. Des places d’honneur qui feraient le bonheur de n’importe quel autre coureur, mais lorsqu’on se veut être le meilleur ClassiXman du peloton, ce n’est pas suffisant.  

 

Philippe Gilbert

Année fort contrastée pour notre Gilou qui n'aura épinglé aucun grand succès à son palmarès déjà bien fourni. Plus souvent qu'à son tour au service de ses coéquipiers de la Quick Step, il leur a tout de même permis, par son sens inné de la course, de remporter de nombreuses victoires. A 36 ans, Gilbert n'est plus à l'aube de sa carrière, mais au vu de ce qu'il a encore démontré en 2017, on pouvait s'attendre à ce que le lion rugisse tant et plus en 2018. Il n'en a guère été question mais, néanmoins, il termine deuxième de l'E3 et surtout, il se hisse sur le podium d'un Tour de Flandres dont il avait fait son principal objectif. On retiendra surtout de lui cette impressionnante chute sur le Tour de France où il vole littéralement au-delà d'un parapet dans la descente du col de Portet-d'Aspet. Gilbert reprendra  toutefois la course et finira l'étape avec une fracture de la rotule gauche. La balle n'a pas vraiment roulé pour lui cette saison mais infini respect pour ce champion qui n'a peut-être pas encore tout à fait fini de nous surprendre.

 

Edward Theuns

Son passage chez SunWeb n'aura guère été une franche réussite, c'est peu de le dire… Il est vrai que depuis sa fracture à une vertèbre dorsale en 2016, le temps semble un peu long pour celui qui avait défrayé les chroniques en 2015. Très bon classicman et sprinter d'excellente facture à ses heures, le belge avait plutôt bien commencé son année 2018 avec une sixième place sur la course d'ouverture des Classiques, Het Nieuwsblad. Hormis quelques placettes sur le Tour de Turquie, ce sera son seul fait d'arme marquant cette saison et c'est de commun accord avec son équipe qu'Edward rompt son contrat avec l'espoir d'enfin se relancer chez Trek chez qui il avait tant et plus secoué le cocotier ces deux précédentes saisons. C'est tout le mal qu'on lui souhaite.

 

Zdenek Stybar

Le paradoxe, c’est que dans cette année de tous les records pour l’équipe Quick-Step, aucune victoire n’est arrivée de l’un des plus fidèles poulains de Patrick Lefevere. Pourtant, l’ancien enfant prodige a joué un rôle important dans l’excellente campagne de printemps du collectif belge. Mais bien que Stybar semblait toujours un des plus forts du peloton, son rôle s’est trop souvent limité à défendre les attaques de ses coéquipiers, sans rien récolter au niveau personnel. Peut-être que ce rôle lui convient mieux que celui de leader, mais sa première saison sans victoire depuis qu’il a rejoint l’équipe en 2011 a quelque chose de symbolique qui risque de laisser des traces.

 

Edvald Boasson Hagen

28 mars 2018, Dwaars door Vlaanderen. Sous une pluie typiquement flamande, un groupe de cinq hommes passe en tête sous la flamme rouge. On se dit que l'expérimenté et rapide Edvald Boasson Hagen ne fera qu'une bouché des jeunes Lampaert, Teunissen, Pedersen ou de l'éternel deuxième Vanmarcke. On se dit qu'on a bien fait d'attendre, qu'il va enfin en claquer une, même si ce n'est qu'une petite semi-classique, 9 ans après sa première et dernière victoire dans une classique de printemps, à Gand-Wevelgem en 2009. Mais non, Boasson se fait piéger pour la victoire d'étape, il perd même le sprint pour la deuxième et troisième place. Ce sera son seul coup d'éclat du printemps.

Sep Vanmarcke

28 mars 2018, Dwaars door Vlaanderen. Sous une pluie typiquement flamande, un groupe de cinq hommes passe en tête sous la flamme rouge. On se dit que l'expérimenté et costaud Sep Vanmarcke ne fera qu'une bouché des jeunes Lampaert, Teunissen, Pedersen ou de l'éternel deuxième Boasson Hagen. On se dit qu'on a bien fait d'attendre, qu'il va enfin en claquer une, même si ce n'est qu'une petite semi-classique, 6 ans après sa première et dernière victoire dans une classique de printemps, au Nieuwsblad en 2012. Mais non, Vanmarcke se fait piéger pour la victoire d'étape, il perd même le sprint pour la deuxième place. Ce sera plus ou moins son seul coup d'éclat du printemps.

 

Fabio Felline

L’Italien avait de nombreux fans après sa campagne de printemps 2017. Un panache au-dessus de la moyenne, un potentiel redoutable sur tous les terrains, un sens tactique à affiner. Mais la toxoplasmose qui lui avait été détectée au Tour 2017 n’était pas complètement passée et l’Italien a ainsi raté presques toutes les classiques de printemps. Il a recommencé à courir en fin d’année et quelques résultats positifs, dont une troisième place au championnats d’Italie du contre-la-montre, nous incitent à croire qu’il ne faut pas encore oublier le bon Fabio.

Commentaires

Je ne vois bizarerement aucun

Portrait de piticoujou
Je ne vois bizarerement aucun commentaire sur les derniers (très bons) articles... Bravo à l'équipe fantacycling pour ces bilans exhaustifs, assez objectifs (enfin presque toujours :-) et bien illustrés de vidéos, chouette boulot les gars - allez, plus que trois mois avant le nieuwsblad :-)