Démonstration du nouvel escarabajo volant!

 

Miguel Angel Lopez s'est adjugé ce dimanche à Sierra Nevada l'étape de tous les dangers. Superman a tout simplement été époustouflant, il s'impose avec la manière une deuxième fois sur cette Vuelta et se pose bien comme étant le meilleur grimpeur de cette édition 2017. La bagarre fut intense et nombreux furent également les coups de force et autres renversements de situation. L'opportuniste Illnur Zakarin, termine deuxième et le serein Wilco Kelderman, troisième. Place à la journée de repos après ce week-end haut en couleurs.

Le peloton s'élançait d'Alcala La Real pour une étape on ne peut plus courte, à peine 129 kilomètres, mais qui s'annonçait explosive. Trois ascensions jalonnaient ce dominical parcours, dont deux cols de première catégorie et la montée finale vers Monachil, classée, elle, hors-catégorie. En somme, 44 kilomètres d'ascension pour un dénivelé de 3172 mètres. Autant dire qu'il valait mieux en avoir encore sous le capot sous peine de voir la moindre défaillance se payer cash.

L'échappée mettra un peu plus de temps qu'à l'accoutumée à se former et, pour une fois, c'est  Astana qui contrôle à distance l'avance modérée des fuyards. Pas besoin de vous faire un dessin, l'équipe kazakhe avait assurément une idée derrière la tête. Les porteurs de maillots distinctifs font la course et abordent l'Alto de Hazallanas avec une avance très relative. Point question de musarder à l'avant, le rythme est soutenu et la lutte pour partir dans le bon train est épique. Des coups se donnent et se perdent à qui mieux mieux et on retrouve en tête des coureurs comme Adam Yates, Romain Bardet ou encore Steven Kruiswijk. Mais c'est le belge, Sander Armée, qui aura le privilège de passer en tête du premier sommet, le temps d'éliminer Rafal Majka, probablement éreinté de ses efforts de la veille.

La bataille continue de faire rage et c'est au pied de la deuxième montée, l'Alto del Purche, qu'Alberto Contador décide de tirer une de ses fameuses cartouches, accompagné de l'ange de Pesca. Le coup est fumant, à tel point que le Pistolero s'est, de longues minutes durant, retrouvé virtuellement sur le podium. A cet instant, Adam Yates s'est détaché et semble bien parti pour se parer des lauriers, moment qu'a également choisi le Requin de Messine, se sentant certainement menacé par la forme étincelante et retrouvée de Contador, pour tenter une sortie en facteur. Mais SKY donne le ton, maîtrise le Squale et entame son travail de sape vers les sommets. Les organismes souffrent et la sélection commence, lentement mais sûrement, à se faire. Assurément pas pour Superman qui accélère par deux fois et s'envole autoritairement en solitaire. Le petit colombien fond sur Yates, qui s'accroche pourtant plus que vaillamment un court instant, et le laisse littéralement sur place. Impressionnant ! Le britannique explose, la voie est désormais royale pour Lopez qui s'envole vers une victoire que personne n'a jamais pu lui contester.

Chez les favoris, le combat est de taille, les uns s'écharpent pendant que d'autres craquent, et c'est le tartare, Illnur Zakarin, qui profite de ce marquage à la culotte pour prendre le large et s'offrir un accessit qui lui permet de monter sur la boîte. Kelderman remporte le sprint des "battus" tandis que les autres cadors, réellement à bout de force, franchissent la ligne les uns après les autres. Enfin, presque tous, car pour De La Cruz, principale victime de cette dantesque étape, malheureusement, la course aux lauriers semble s'achever sur ces routes dévastatrices de la Sierra Nevada. Place au repos ce lundi, avant un contre-la-montre mardi qui s'annonce on ne peut plus palpitant.

L'autre victime de choix de ce week-end de folie, c'est à la FantaVuelta qu'on la trouve. Diabolik est toujours en tête, mais ces deux journées en Andalousie ont vu son confortable matelas fondre comme neige au soleil. Il n'a plus que 200 Petits Fantapoints d'avance sur Cachef et à peine plus sur les siamois, Furupu et Eddy Breckx. Ces trois mousquetaires ont en effet profité de ces deux jours pour capitaliser un pactole qui ne cesse de croître et remportent, main dans la main, cette quinzième et magnifique étape. Leur retour semble dorénavant inéluctable et, si les choses restent dans l'état actuel, le duel qui les oppose se jouera sur des détails. Avec sept coureurs identiques, seuls deux électrons libres peuvent faire la différence dans chacune de leur équipe. Et à ce jeu, Poljanski fait pour l'instant le bonheur de Cachef qui domine ses deux complices de route. Soulignons tout de même les deuxièmes et troisièmes places de Macho Madness et Lesquadricepsenfeu, qui, loin d'avoir démérité avec des scores de toute beauté, n'ont rien pu faire face aux trois cannibales.

Le bon plan du jour :

Superman a légitimement déjà eu droit aux honneurs de cette rubrique. Place à son dauphin Illnur Zakarin (34 Fantamillions) de s'offrir l'immense privilège d'y figurer en bonne place. Le russe, déjà auteur d'un brillant Giro, confirme tout le bien qu'on a déjà si souvent pensé de lui. Il est désormais troisième du général et, après un départ en demi-teinte, semble monter tout doucement en puissance. Certes, il ne sera jamais un as de la descente ni un gars qui aime frotter, mais quand la route s'élève et que pente se fait plus forte, Zak fait partie des tout meilleurs dans ce registre. Sa deuxième place aujourd'hui en atteste, le tartare confirme et se positionne, au meilleur moment, comme un solide prétendant au podium final.

 

Le mauvais plan du jour :

Sur un parcours aussi exigeant, difficile de jeter la pierre à qui que ce soit, même si De La Cruz aurait pu avoir une place de choix dans cet article. Une chose est par contre sûre, c'est qu'Alberto Contador laissera un vide immense au terme de ce Tour d'Espagne. Car s'il y a bien un coureur dont le panache n'est plus à remettre en doute, c'est bien lui. Véritable animateur de cette Vuelta, on aimerait qu'il puisse poser une dernière cerise sur le gâteau, si pas au classement général, au moins en remportant un succès d'étape. Sa débauche d'énergie et sons sens inné de l'attaque mérite sans conteste d'être récompensés. El Pistolero est grand, un de ceux qui laissera une marque indélébile au tableau des grands champions. La course n'est pas encore finie, loin de là, mais les ressources de l'espagnol semblent de plus en plus s'amoindrir. Ces minutes perdues à Andorre les premiers jours doivent lui laisser assurément un goût amer en bouche, autant qu'à ses plus fervents supporters. C'est certain, Alberto sortira par la grande porte. On ne lui souhaite plus maintenant qu'un dernier coup d'éclat pour définitivement clore le dernier chapitre de son immense carrière. Merci l'artiste !

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