Les favoris pour le Grand Prix de l'Escaut

Ce mercredi, entre le Ronde et Paris-Roubaix, le peloton s'offre un décrassage dans les polders zélandais avant un inévitable sprint à Anvers, qui sera sans doute aussi la dernière opportunité de marquer des points pour les jetmen.

On imagine volontiers Gary Lineker décrire la course de mercredi de la façon suivante: « le Grand Prix de l’Escaut est une semi-classique flandrienne, et à la fin c’est toujours Marcel Kittel qui gagne ». Il n’aurait pas complètement tort, puisque l’albatros allemand a remporté 5 des 6 dernières éditions!

Il faut dire que la doyenne des classiques flamandes (née en 1907, soit 6 ans avant le Ronde) ne comporte aucune réelle difficulté, et s’assimile donc en quelque sorte à une course de dragsters, qui avant Kittel a couronné tout ce que le sprint a fait de mieux ces 30 dernières années: Van Poppel, Cipollini, Zabel, McEwen, Cavendish, Petacchi, Boonen,…excusez du peu!

Le nouveau parcours présenté cette année, avec un départ puis une centaine de kilomètres sur la venteuse rive néerlandaise du delta de l’Escaut, présente certes une infinitésimale chance de bordure. Mais soyons clairs, c’est probablement un mano a mano Kittel-Groenewegen qui nous attend à Schoten, d’autant plus qu’en l’absence de valeurs sûres comme Gaviria, Viviani, Ewan, Cavendish, Kristoff, Nizzolo ou Colbrelli, l’opposition sera surtout composée jeunes pousses et de seconds couteaux du sprint.

Le top 10

  Marcel Kittel

Son pedigree et sa domination insolente sur le GP ces dernières années font de Kittel l’archi-favori de la course. A bientôt 30 ans, il reste la référence absolue du sprint mondial, et il semble avoir bien géré son passage chez Katusha, comme en témoignent ses 2 récents bouquets sur Tirreno. Et en plus, comme l’homme se montre peu avant le Tour de France, il arrivera frais sur les bords de l’Escaut. Franchement, ça ne sent pas bon pour la concurrence…

  Dylan Groenewegen

Parlant de concurrence, Dylan Groenewegen est LE sprinter de référence cette saison: il a gagné au moins une étape sur chacun des tours qu’il a courus (Dubai, Algarve, Paris-Nice), et s’est imposé facilement à Kuurne-Bruxelles-Kuurne. A 24 ans, le Hollandais volant rêve d’un passage de témoin avec Kittel au firmament du sprint mondial, et ce GP de l’Escaut représente une belle occasion de faire chanceler le king.    

   Arnaud Démare

Le Français est en jambes cette année, c’est une évidence. On le sent facile dans les difficultés. Seulement voilà, à l’heure de conclure, il y a toujours un twist: tantôt filouté par un baroudeur, comme à l’Omloop (9e) ou à Sanremo (3e), tantôt battu à la régulière, comme à Kuurne (2e derrière Groenewegen) ou à Gand-Wevelgem (3e derrière Sagan et Viviani). Il est temps pour Démare de gonfler un palmarès de classiques désespérément vide après son succès surprise à Sanremo en 2016.    

  Edvald Boasson Hagen

On va la jouer franc jeu avec vous: EBH, ça fait longtemps qu’on n’y croit plus trop. Mais en fonction de la faiblesse du plateau de ce GP, le Norvégien se glisse pour la première (et dernière) fois de l’année dans un de nos top 10.  

  Jens Debusschere

On aurait préféré voir le jeune Jasper de Buyst - top 20 à DDVL - continuer son écolage et, pourquoi pas, se mêler au sprint final. Lotto Soudal a finalement opté pour Jens Debusschere, une valeur sûre, qui à défaut de faire le spectacle a largement de quoi chercher un top 5 à Anvers.  

  Pascal Ackermann

Le jeune sprinter allemand (24 ans) réalise une saison tout à fait décente. S’il paraît encore un peu tendre pour les épreuves les plus exigeantes du calendrier, il est déjà capable de briller face à une opposition moins relevée: il fut récemment 3e à la Handzame Classic et 2e aux 3 jours de La Panne (battu par Viviani). Il vient chercher un top 10 à Anvers.

  Fabio Jakobsen

Viviani, qui en fin de compte a peu profité de l’absence de Gaviria pour briller, ne viendra pas défier Kittel et Groenewegen sur les bords de l’Escaut. Tout profit pour le tout jeune (21 ans) Jakobsen, impressionant sur DDVL (4e) et qui vient sur ce GP sans pression. Si Lefevere lui colle le numéro 1 du septet Quick-Stop dans le dos, il y a forcément du talent derrière.   

  Adam Blythe

On ne risque certes pas de confondre le sprinter d’Aqua Blue avec son illustre compatriote Mark Cavendish, mais dans un bon jour Adam Blythe peut sans aucun doute se mêler aux jetmen du subtop présents sur ce GP. Il a fait deux top 5 à Dubai en début de saison, preuve de sa pointe de vitesse décente.

  Mike Teunissen

A priori pas vraiment un pur sprinter, le jeune batave de Sunweb fut un des grands animateurs du récent DDVL, et il s’est bien comporté à l’E3 et à Gand-Wevelgem. C’est un candidat idéal pour tenter de profiter d’une éventuelle bordure. Dans le top 6 des 3 premières étapes Paris-Nice, il a également certaines qualités de finisseur.

  Riccardo Minali

Dans un sprint italien qui privilégie malheureusement la quantité à la qualité, voici une autre jeune pousse qui vient se tester dans la cour des grands. Dans le cas de Riccardo Minali (22 ans), ce sera tout simplement sa première classique de la saison. Il a fait deux top 10 à Dubai: il n’est donc pas là pour porter les bidons chez Astana, mais bien pour venir décrocher une place d’honneur.

 

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