Bergen 2017, présentation de la course

Les championnats du monde de cyclisme sur route se déroulent ce dimanche à Bergen, en Norvège. Il s’agit d’un des moments forts de la saison cycliste et comme souvent, la course est ouverte et les prétendants au titre sont nombreux. Une course qui permettra aux amateurs de fantacyclisme de remporter le fanta-maillot-arc-en-ciel, un maillot que le vainqueur pourra porter tout au long de la saison 2018. 

Les championnats du monde de cyclisme reviennent en Norvège 14 ans après les Mondiaux d’Oslo qui avaient vu un jeune Lance Armstrong s’imposer devant Miguel Indurain et Olaf Ludwig. Cette année, c’est la ville de Bergen qui accueille la fine fleur du peloton mondial et contrairement à l’année dernière à Doha où il n’y avait pas un mètre de dénivelé, le parcours de cette année est plus difficile, sans toutefois être prohibitif. C’est un parcours mixte, assez vallonné pour exclure les purs sprinters, long et éprouvant pour mettre en valeur les hommes costauds, mais pas assez difficile pour attirer les grimpeurs. Un parcours classique pour les sprinters-qui-passent-les-bosses. D’ailleurs, cela se reflète dans les noms des coureurs au départ. Pas de grosses cuisses comme Cavendish, Greipel, Kittel, Démare, Bouhanni ou Groenewegen. Pas d’hommes des grands tours comme Froome, Nibali, Aru, Bardet, Pinot, Chaves, Lopez ou Majka. Le seul pur grimpeur présent au départ sera Nairo Quintana, venu honorer son maillot colombien. Non, les championnats du monde de Bergen sont destinés à un coureur polyvalent. Chasseur de classique ardennaise ou flandrienne, canadienne ou italienne, peu importe, le maillot arc-en-ciel sera endossé par un spécialiste des courses d’un jour. La liste des favoris est donc assez longue et comprend les hommes qui ont lutté pour remporter les grandes classiques ces dernières années comme Peter Sagan, Greg Van Avermaet, Philippe Gilbert, Michal Kwiatkowski, Alexandr Kristoff, Michael Matthews, Julian Alaphilippe, Daniel Martin ou Edvald Boasson-Hagen, mais aussi des outsiders comme Matteo Trentin, Sonny Colbrelli, Elia Viviani, Rigoberto Uran, Fernando Gaviria, voir Rui Costa ou Tom Dumoulin qui pourrait devenir le premier coureurs à remporter trois titres en une semaine, celui du contre-la-montre par équipes, du contre-la-montre individuel et de la course en ligne.

Qui dit parcours mixte pense évidemment à Peter Sagan. Le double champion du monde est le grand favori sur papier et tentera de conserver son maillot arc-en-ciel pour la troisième année consécutive, ce qu’aucun champion du passé n’a réussi, même pas le grand Eddy Merckx. Le Slovaque est surtout le seul favori qui peut s’imposer dans n’importe quel scénario : il peut gagner seul comme il l’a fait à Richmond en 2015, il peut battre les meilleurs sprinters comme à Doha en 2016 et il peut évidemment battre ses compagnons d’échappée dans un sprint réduit, même si cette situation semble lui être statistiquement la moins favorable comme le démontrent les défaites à Milan-Sanremo contre Gerald Ciolek en 2011 et Kwiatkowski cette année ou celles des deux dernières éditions du Nieuwsblad face à Greg Van Avermaet. Cependant, les choses ne tournent pas au mieux pour Peter Sagan cette année, comme le montrent sa campagne des classiques malchanceuse et son Tour de France catastrophique. Le « j’ai pris Sagan dans ma fantateam, j’aurais pas dû » a été un leitmotiv cette saison. Est-ce qu’il se répétera dimanche ?

La plupart des autres favoris ne pourront pas jouer sur plusieurs tableaux et devront tenter d’imposer leur course aux adversaires. Et c’est là tout l’intérêt de ces championnats du monde qui pourront être très intéressants, notamment au niveau tactique. Car les équipes et les nations participantes se divisent en deux catégories. Celles qui tenteront de garder une course serrée afin de miser sur un sprint final d’un groupe de 30-40 coureurs et celles qui n’ont pas d’hommes très rapides et tenteront de faire une course offensive pour justement éviter un emballage final. Dans ce dernier groupe nous trouvons évidemment la Belgique qui se présente à Bergen avec une véritable armada de spécialistes de classiques. Vu leur saison exceptionnelle, Greg Van Avermaet et Philippe Gilbert seront évidemment les leaders de la formation du plat pays. Mais avec Dylan Teuns, Jasper Stuyven, Jan Bakelants, Olivier Naesen, Tim Wellens, Tiesj Benoot, Jens Keukeleire et Julien Vermote, les Belges ont les moyens de tout faire exploser, et ce, à n’importe quel moment de la course. D’autant plus si la météo sera plutôt « belge ». Ensemble, les coureurs belges ont levé les bras sur 22 courses cette saison. Ensemble, leur valeur au FantaMundial est de 279 millions ! A part Julien Vermote, n’importe quel autre coureur aurait un statut de coureur protégé dans une autre équipe. Tout le monde se méfiera d’eux, des attaques en éclaireur d’un Gilbert façon Tour de Flandres ou des actions de finisseur de GVA. Mais leur force peut aussi constituer un point faible, car leur tactique offensive est peut-être trop prévisible. Les Belges trouveront évidemment des alliés le long du parcours, à commencer par la France qui a décidé de laisser à la maison les sprinters comme Démare, Bouhanni et Coquard pour tout miser sur les attaquants comme Julian Alaphilippe, Tony Gallopin, Lilian Calmejane et Warren Barguill. Le polonais Michal Kwiatkowski et le néerlandais Tom Dumoulin seront aussi des coureurs à tenir à l’œil dans les derniers kilomètres car comme dirait l’autre, si ces deux-là partent seuls et s’entendent, personne ne les reverra plus. D’autres attaquants comme Zdenek Stybar, Michael Valgren, Bob Jungels ou Alexey Lutsenko pourraient aussi profiter d’une course mouvementée pour se glisser dans le bon coup. On aurait aussi dû insérer la Grande Bretagne parmi les équipes pouvant rendre la course difficile, mais Chris Froome n’a pas voulu se lancer dans une course où ses chances de victoire sont proches du zéro, les frères Yates terminent leur saison sur les rotules et regarderont les Mondiaux à la télé et la non convocation de Steven Cummings reste un mystère. La Grande Bretagne se présente donc au départ avec une équipe jeune et avec peu de chances de briller. Un peu comme l’Allemagne qui comptait sur John Degenkolb pour jouer la gagne, mais les multiples pépins physiques de Johnny laissent la Mannschaft sans réel atout.

De l’autre côté, il y a les nations qui se présentent à Bergen avec un sprinter comme leader et qui tenteront de contrôler la course jusqu’à la dernière ligne droite. A commencer par l’Italie qui possède de nombreux coureurs en grande forme mais qui devrait miser sur une arrivée groupée pour lancer un des trois sprinters à disposition, à savoir Elia Viviani, Sonny Colbrelli ou Matteo Trentin. Ce dernier est probablement dans la forme de sa vie comme le prouvent ses quatre succès à la Vuelta, mais les transalpins décideront pendant la course sur quel coureur miser et connaissant la facilité avec laquelle Matteo Trentin se sacrifie pour ses leaders tout au long de l’année, il est bien probable que le coureur de Quick Step offre ses services de poisson pilote à Viviani ou Colbrelli si ces derniers sont encore devant. L’Italie peut aussi varier ses stratégies avec des puncheurs ayant de bonnes pointes de vitesse comme Diego Ulissi et Gianni Moscon, mais on les voit mal rivaliser avec des cadors comme Van Avermaet, Sagan ou Kwiatkowski. Les autres équipes qui aideront l’Italie à chasser les attaquants belges, polonais ou français sont l’Australie, totalement dévouée à Michael Matthews, la Colombie qui pourrait briguer un premier titre mondial avec Fernando Gaviria et la Norvège qui peut compter sur les stars locales Alexandr Kristoff et Edvald Boasson Hagen. A priori, les 8 kilomètres qui séparent la fin de la descente de la côte de Salmon Hill de l’arrivée devraient permettre à ces équipes de revenir sur les éventuels attaquants dans le final. Mais il faudra surtout voir combien d’équipiers seront encore présents et assez costauds pour chasser des Sagan, Kwiatkowski, Van Avermaet ou autres Alaphilippe qui seront sans nul doute déchainés dans le dernier tour.

Le tableau est posé, mais deviner l’issue de cette course, c’est une autre histoire. La Belgique dominera-t-elle les courses d’un jour 2017 jusqu’au bout ? Sagan et Dumoulin pourront-ils réaliser un historique triplé ? Les Italiens sont-ils prêts pour faire leur retour sur le devant de la scène comme on a pu l’entrevoir cette saison ? Les Norvégiens pourront-ils lever les bras devant leur public ? Un pays pourra-t-il obtenir un premier sacre ? La Colombie ? Le Luxembourg ? La République Tchèque ? Et surtout, Cyril Guimard est-il encore Le Druide qui connait tous les secrets du cyclisme pour mettre sur orbite ses poulains ?

Rendez-vous dimanche pour une réponse à toutes ces questions. On a hâte d’y être. 

Commentaires

Ouais, pas très confiant pour

Portrait de El Diablo
Ouais, pas très confiant pour ce Fantamundial. Trop de choix difficiles. Je voulais placer Swift, Vakoc et Rojas, j'ai même pas réussi... J'ai aucun italien et aucun belge... bref une équipe de merde...

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