Le Bilan de la saison: les sprinters

Voici le deuxième chapitre de notre bilan de la saison 2017. Après les jeunes, poursuivons notre analyse avec les sprinters, ceux qui en fin de compte lèvent les bras plus souvent que les autres. Enfin, pas tous…

LE TOP

Marcel Kittel

En comptant le nombre de succès (14), la saison de Marcel Kittel n’est pas spécialement une de ses meilleures. Mais l’Allemand a été le grand bonhomme des sprints dans la course qui compte le plus : le Tour de France. Avec cinq victoires et surtout une domination totale dans les arrivées massives, Kittel s’est repris le titre symbolique de Roi du sprint, même si sa chute en fin de Tour lui a enlevé une belle occasion de remporter le maillot vert et qu’après le mois de juillet, il a plus ou moins disparu de la circulation. A voir s’il s’adaptera rapidement à sa nouvelle formation, la Katusha-Alpecin pour garder son titre l’année prochaine.

Elia Viviani

Malgré son absence sur les grands tours, Elia Viviani a probablement livré sa meilleure saison depuis qu’il est professionnel. 10 bouquets pour un coureur qui a souvent dû se contenter des places d’honneur, c’est un résultat plus que positif. Pourtant, la saison du sprinter de la Team Sky avait commencé comme d’habitude, avec de nombreuses places sur le podium, mais jamais sur la plus haute marche. L’Italien est par contre monté en puissance dans la deuxième partie de l’année, en remportant notamment des courses importantes comme la Classique d’Hambourg et la Bretagne Classique. Il rate le coche des championnats du monde où il avait un bon coup à jouer, mais se réjouit probablement d’une nouvelle aventure qui commencera l’année prochaine chez Quick Step.

Fernando Gaviria

Le sprinter colombien a poursuivi sa progression en confirmant tout son potentiel. 14 victoires pour le nouveau bijoux de Patrick Lefevere, dont quatre sur le Giro où il remporte aussi le classement à points. Sa deuxième partie de saison a quelque peu été compromise à cause d’une blessure qui lui a empêché de participer à la Vuelta et d’être au top pour les Mondiaux de Bergen. Mais le futur du sprint est sans aucun doute dans les mains de Fernando Gaviria.

Arnaud Démare

Lui aussi a vécu une de ses meilleures saisons : dix victoires et non des moindres, comme les championnats nationaux, la Brussels Classic et surtout, sa première victoire d’étape au Tour de France. Dommage que ce premier succès ait été gâché par son calvaire lors des 8ème et 9ème étape qui s’est conclu par un hors délai collectif pour la FDJ. Mais il en faut plus pour déprimer le Français qui sait à présent qu’il peut s’imposer face aux meilleurs dans les grands rendez-vous.

Alexandr Kristoff

Même si sa campagne des classiques de printemps n’a pas été à la hauteur de ce qu’il avait montré dans le passé, la saison d’Alexandr Kristoff est loin d’être ratée. Le nombre de succès est réduit, mais de qualité, notamment dans la deuxième partie de la saison où il remporte le London Classics et les Championnats d’Europe. Il échoue à quelques centimètres du titre mondial sur ses terres, preuve que quand il se prépare pour une course importante, il rate rarement le rendez-vous.

Michael Matthews

Michael Matthews n’est pas un pur sprinter comme l’atteste le nombre réduit de victoires sur la saison (5). Mais deux succès et un maillot vert sur le Tour de France suffisent à faire basculer son bilan du côté positif de la balance. Le titre de champion du monde en contre-la-montre par équipe est la cerise sur le gâteau qui fait Bling Bling.

 

LE FLOP

Marc Cavendish

Sans aucun doute la pire saison de la carrière de Mark Cavendish. Bloqué par la mononucléose en début d’année, le Cav s’est lentement remis de son virus et semblait être fin prêt pour se bagarrer avec les meilleurs sur les routes du Tour. Mais sa Grande Boucle s’est terminée contre les balustrades lors de la fameuse arrivée de Vittel et son retour dans les dernières courses de l’année n’a été qu’anecdotique. Une seule victoire, c’est moins que lors de sa première année chez les professionnels avec la Team Sparkasse et la Team T-Mobil en 2006, à l’âge de 20 ans…

André Greipel

Le Gorille ne rugit plus. La saison 2017 sent fortement le déclin pour le colosse de Rostock. Cinq succès au total, c’est très peu pour un sprinter de son calibre. La victoire lors de la deuxième étape du Giro et le maillot rose endossé pendant un jour semblait annoncer une razzia sur les routes italiennes face à une concurrence abordable. Mais Greipel s’est éteint justement après cette parenthèse rose en terminant la plupart des sprints très loin des meilleurs, au Giro comme au Tour. Même dans les courses mineures, il a souvent trouvé plus fort que lui. Greipel pourra-t-il encore renaitre de ses cendres comme il l’a déjà fait dans le passé ?

Giacomo Nizzolo

Une année catastrophique pour celui qui portait le maillot de champion d’Italie. Après une saison 2016 riche de succès, Nizzolo a été handicapé par plusieurs problèmes physiques qui ont compliqué sa préparation pour le Giro et compromis le reste de la saison qui s’est terminé au mois de juillet. Un coureur qui ne coutera pas très cher lors des courses fantacyclistes de 2018…

Dylan Groenewegen

Un peu dur de placer Dylan Groenewegen parmi les flop de la saison, puisque le Néerlandais a quand même remporté le sprint le plus important de l’année, celui des Champs Elysée. Mais alors qu’il avait explosé en 2016, Groenewegen n’a pas poursuivi dans sa progression et le nombre de bouquets a été moindre. Et ce, sans des clients redoutables au meilleur niveau comme Cavendish et Greipel. Est-ce que Dylan devra continuer à tout miser sur les sprints massifs ou devrait-il diversifier quelque peu son répertoire ? Une question qu’il devra se poser bientôt. En même temps, pourquoi se prendre la tête, il a gagné sur les Champs Elysée…

Magnus Cort Nielsen

Les deux victoires sur la Vuelta 2016 avaient placé Magnus Cort Nielsen parmi les sprinters à suivre et à redouter en 2017. On était aussi curieux de voir ce que le Danois pouvait faire sur des classiques pas trop sélectives, comme Milan-Sanremo, Kuurne-Bruxelles-Kuurne ou Gand-Wevelgem. Mais on a été déçu à tous les niveaux. Malgré un bon début de saison avec deux victoires à la Volta a la Comunidad Valenciana et à la Clasica Almeria, Cort Nielsen n’a pas fait mieux qu’une onzième place à Sanremo et… rien d’autre. Sa chute sur le Tour de Yorkshire l’a empêché de participer au Tour, mais lors de la Vuelta, il n’a pas réussi à rééditer ses exploits, avec une 6ème place à Madrid comme meilleur résultat. Léger.

Nacer Bouhanni

D’un point de vue strictement comptable, en regardant les victoires, les deuxièmes et troisièmes places, 2017 a été la meilleure saison de Nacer Bouhanni. Et pourtant… La plupart de ses résultats ont été réalisés sur des courses du circuit français comme le Tour de l’Ain, le Tour de Poitou Charente, le GP de Fourmies ou Paris-Camembert. Un seul succès sur le circuit World Tour, c’est peu. Le boxeur pensait pouvoir lutter pour la victoire à Sanremo et voulait surtout enfin faire un Tour de France au top de sa forme. Il a fait moins bien que les années précédentes sur la Classicissima (8ème) et n’a même pas réussi à entrer dans le top-3 d’une étape du Tour. Un Tour où il s’est surtout illustré par son style agressif et à la limite du correct, ce qui n’a pas augmenté son capital sympathie au sein du peloton. Si on y ajoute le fait qu’il a plus ou moins renoncé aux classiques du Nord, même les plus faciles, qu’il n’a pas participé à la Vuelta où il aurait pu être au-dessus du lot, qu’il s’est encore fait battre par Démare aux championnats de France et que son meilleur ennemi est le premier des deux à vanter un succès d’étape sur la Grande Boucle, bah oui, Nacer Bouhanni fait partie des flops de la saison.

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