Knockin'On Devil's Door!

 

Rigoberto Uran remporte de justesse l'étape reine de ce Tour de France 2017 devant le malheureux Warren Barguil et Chris "Patte de Velours" Froome. On est vraiment passé par tous les sentiments hier après-midi tant l'intensité de la course était grande et les péripéties qui l'ont émaillée tout simplement improbables et dramatiques pour certains. La donne est tout bonnement inversée et, sauf incident majeur, on ne voit pas ce qui pourrait désormais empêcher le kényan blanc de remporter son quatrième sacre.

Chambéry accueillait pour la première fois de son existence une arrivée de la Grande Boucle et le menu que se voyait proposer les coureurs était assurément gargantuesque. Trois ascensions hors-catégorie, le Col de la Biche, le Grand Colombier et le terrible Mont du Chat venaient jalonner un parcours on ne peut plus costaud. On savait que la moindre défaillance risquait de coûter très cher et qu'il allait falloir être à son top pour ne pas perdre toutes illusions une semaine seulement après le départ de Dusseldorf. Et bien, au terme d'une journée haletante, on ne peut pas dire qu'on est resté sur notre faim.

L'occasion était belle pour une échappée de prendre immédiatement les devants, ce qui n'a forcément pas manqué. Tim Wellens lance très vite les hostilités et un groupe de quarante coureurs, et non des moindres, se joint rapidement à lui. Le rythme est très élevé et les échappés abordent le Col de la Biche avec une petite avance sur un peloton mené tambours battant par l'équipe AG2R. Geraint Thomas ne résistera d'ailleurs pas à ce tempo infernal, le gallois part à la faute dans la descente humide et se voit contraint de laisser son leader orphelin de son plus fidèle lieutenant. Les fuyards se dispersent quelque peu et c'est un groupe plus restreint qui attaque la deuxième difficulté du jour, le Grand Colombier. Warren Barguil et Tiesj Benoot parviennent à s'isoler et nous offrent un spectacle de haute voltige. Bandant ce Tiesj (humour belge!). Le peloton, toujours mené par l'infatigable équipe de Vincent Lavenu, continue son inlassable travail de sape et commence à écrémer considérablement ses rangs.

L'échappée se recompose, se décompose, tandis que le Mont du Chat est attaqué pied au plancher par un peloton ne comptant plus qu'une poignée de combattants. Victime d'un ennui mécanique, Froomey y est d'ailleurs attaqué, de manière un peu cavalière, par Fabio Aru et quelques autres opportunistes, qui profitent de cet incident pour prendre une petite avance sur le maillot jaune. C'était sans compter sur … Richie Porte, qui somme ce groupe de freiner l'allure et d'attendre son leader. Ah non, pardon, son ancien chef de file mais néanmoins ami ! On pourra toujours discuter sur la bienséance d'une attaque en pareilles circonstances, la course, c'est la course et trop de respect tue le respect. Le sarde fulmine, mais quoiqu'il en soit, le train Sky reprend très vite son rang.

Le rythme s'accélère sous l'impulsion de Fuglsang et le pack de favoris se voit amputer, à mesure que la pente se fait plus dure encore, de quelques éléments de premier choix. Contador, Quintana, Meintjes craquent et perdent pied. Chris Froome se lance tête baissée et le nez dans le guidon dans la descente qui voit Richie Porte couper un virage bien maladroitement. L'aussie se fracasse sur un rocher, emmenant avec lui l'éternel malchanceux, Dan Martin, qui lui a incidemment peut-être sauvé la vie. Impressionnant, on a craint le pire mais fort heureusement, Porte s'en sort miraculeusement assez bien. La route s'arrête donc là pour le Panda de Tasmanie qui rate donc une nouvelle fois le coche sur un Grand Tour !

Romain Bardet profitera juste de la fin de la descente pour faire le trou et rejoindre Wawa aux avant-postes. Le coup était presque parfait mais, au grand dam des deux français, ils seront finalement rejoints par un petit groupe dans lequel se trouvaient Froome, Uran, Aru et Fuglsang. La victoire s'est finalement jouée au sprint et, aussi incroyable que cela puisse paraître, il a de nouveau fallu la photo finish pour départager Uran et Barguil. Quelle étape mes aïeux, et quand on sait qu'en plus une petite dizaine de coureurs, dont Demarre faisait partie, est arrivée hors-délais, on se dit qu'on aimerait voir des étapes comme celle-ci bien plus souvent encore.

Au Fantatour, on panse également ses plaies et on compte dorénavant ce qu'il reste comme forces vives à toutes ces Fantateams décimées par les abandons. Buckler VC, avec Uran, Barguil et Bardet, fait la toute belle affaire du jour et s'offre le baiser tant convoité des superbes hôtesses. Man X  et Chaudières l'accompagnent sur le podium protocolaire. Au Général, les haut-parleurs résonnent toujours au rythme de la Samba et le trio reste inchangé. Mais tous les trois ont perdu un homme fort et se voient désormais menacés par la meute. Qui prendra la main dans les prochains jours, sachant que personne n'a la tierce qui tient, pour l'instant, le haut du pavé. Et dire qu'on n'en est qu'au premier jour de repos et qu'il reste encore deux semaines de course.

Le bon plan du jour :

Rigoberto Uran (33 Fantamillions) faisait partie de ces leaders tapis dans l'ombre des grands favoris. Seules 5 Fantateams ont eu la bonne idée de lui faire confiance et au vu de ce qu'il a démontré aujourd'hui, on ne peut que leur donner raison. Pourtant loin d'être un bras cassé, cela faisait un bon petit bout de temps qu'on n'avait plus vu le colombien à pareille fête. Sa montée du Mont du Chat était d'ailleurs très costaude et sa victoire au bout de cette haletante journée tout simplement somptueuse. Jusqu'où peut aller l'ancien vice-champion du monde qui , dans un passé déjà lointain, avait terminé deuxième du Tour d'Italie ?

 

Le mauvais plan du jour :

Pour Richie Porte (52 Fantamillions), l'histoire se répète encore et toujours. Le Tour perd probablement le seul coureur qui pouvait faire vaciller le tenant du titre. Il fut d'ailleurs celui qui paraissait le plus offensif dans le Mont du Chat et son abandon est réellement dramatique pour lui, avant tout, mais aussi pour le spectacle qui perd subitement une saveur certaine. Comment diable a-t-il fait pour tomber dans cette descente qu'il connaissait pourtant si bien et perdre une nouvelle fois toutes ses illusions de toucher les étoiles. Les 77 Fantateams qui y croyaient dur comme fer broient désormais du noir et vont devoir faire sans celui qui portait tous leurs espoirs de briller au firmament de la constellation Fantacyclique.

Commentaires

Je suis d'accord avec toi

Portrait de El Diablo
Je suis d'accord avec toi Eddy. Sans Porte et avec un Quintana à plus de deux minutes, je vois mal qui peut inquiéter Froome à la pédale. Aru et Bardet ne sont pas loin, mais à part des possibles défaillances, ils peuvent compter une minute de perdue sur le clm final. Bon, si les Astana la jouent finement, il y a peut-être moyen de faire quelque chose. En tous les cas, que d'émotions.

'Knockin' on Devil's Door'.

Portrait de piticoujou
'Knockin' on Devil's Door'. Quatre petits mots pour résumer le fait marquant du jour, l'abandon du Richie. 'Knockin': boum dans le décor. Devil: bien vu, le surnom officiel de l'Asutralien de BMC est 'Tasmanian Devil', évidemment. 'Door', hé hé, la Porte. Eddy, docteur ès-calembours. Dis fieu, tu ne veux pas faire l'Oreillette ma place ? J'ai un emploi du temps chargé en ce moment...

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