L’ultime cartouche d’El Pistolero fait mouche !

 

Epilogue somptueux sur les pentes de l’Alto de l’Angliru ce samedi qui a vu Alberto Contador s’offrir une dernière victoire de super prestige et Chris Froome devenir le premier à réussir le doublé Tour-Vuelta. Contador s’impose en solitaire au terme d’un numéro de haute voltige et il échoue, pour une vingtaine de petites secondes, au pied d’un podium sur lequel Zakarin s’est finalement trouvé une place de choix. Le Squale de Messine ne doit, lui, son salut et son statut de dauphin qu’à un incroyable Franco Pellizotti. Le spectacle était au rendez-vous sur ces pentes d’un autre âge, place maintenant à la journée de gala et au sabrage de cava.

Après trois semaines de lutte intense et de bagarres ininterrompues, le peloton abordait l’étape reine de ce Tour d’Espagne le couteau entre les dents. Non-content de devoir franchir le terrible Angliru, il fallait d’abord gravir l’Alto de la Cobertoria, 8,1 kilomètres à 8.6% et l’Alto del Cordal, 5,7 kilomètres à 8.6% de moyenne. Un menu des plus appétissants mais également des plus indigestes pour ceux qui seraient pris d’une fringale. Véritable juge de paix de toutes les éditions du Tour d’Espagne qui s’y jouèrent, le mythique Alto de l’Angliru et ses 12,5 kilomètres de montée à 9.8% de pente moyenne n’est rien d’autre qu’un enfer pour tout cycliste qui ose s’y frotter. Contador y a d’ailleurs forgé sa victoire en 2008, tandis que Wiggins y a tout perdu en 2011 face à Juan José Cobo, Chris Froome, déjà lui, n’ayant pu contenir le feu follet espagnol. C’est également ici que Chris Horner avait maté Vincenzo Nibali en 2013 pour remporter à 42 ans, et à la surprise générale, son succès le plus inattendu. Avé César, ceux qui vont mourir te saluent !

Qui plus est, seuls 117.5 kilomètres séparaient Corvera de Asturias du col mythique de l’Angliru. Autant dire que la journée s’annonçait plus qu’explosive… Comme de bien entendu, onze fuyards se lancent très rapidement dans une course effrénée au succès sous l’œil avisé d’une équipe Trek-Segafredo qui ne souhaite leur laisser que peu de champ. Les attaques, devant comme derrière, fusent de toutes parts et on commence très vite à compter les premières victimes. Il faut dire que la chaussée est détrempée et forcément  glissante suite à la pluie qui n’a cessé de tomber, et que seuls les plus adroits équilibristes arrivent à rester en selle. Entre autres, on retrouve au sol Marc Soler, parti seul en contre, Vincenzo Nibali, tombé et blessé dans une descente et le malheureux De la Cruz, contraint à l’abandon suite à un tournant fort mal négocié. Le spectacle est immense et bien plus encore quand le Pistolero décide de se lancer, au pied de l’Angliru, dans une attaque dont lui seul a le secret. Albert reprendra, un à un, tous les échappés et parviendra à conserver, au terme d’une montée épique et pleine de brio, une trentaine de secondes d’avance pour s’imposer brillamment au sommet. Bravo Maestro, quel numéro !

Mais Contador ne fut pas le seul à briller. Il n’aura, en effet, pas manqué grand-chose à Wout Poels et Chris Froome pour revenir sur le vétéran espagnol. Ils échouent à portée de fusil de « Dieu », mais le sourire de Froome sur la ligne valait plus que n’importe quel succès d’étape. Le Kényan blanc remporte enfin son Tour d’Espagne et démontre qu’il n’est pas qu’un homme du Tour de France. Chapeau bas l’artiste, son succès est incontestable et les presque trois semaines qu’il a passé en rouge en sont la preuve irréfutable. Pour Illnur Zakarin aussi, l’épilogue aura été de toute beauté. Le Tartare a fait mouche en plaçant une banderille au plus fort de la pente et s’offre, par là-même, un méritant podium, au grand dam de Wilco Kelderman qui, lui, a craqué et aura presque tout perdu. Le constat est dur pour le Batave qui voit sa troisième place s’envoler et qui se fait même dépasser par Contador pour quatre toutes petites secondes. Le Requin de Messine a également échappé de peu à la correctionnelle et ne doit son salut qu’à un Pellizotti en état de grâce. Le couperet n’est pas passé bien loin pour Le Squale qui parvient à sauver sa seconde place au prix d’un effort hors-normes et d’une abnégation qui force le respect. Quoiqu’il en soit, chapeau bas messieurs, ce serait trop long de tous vous citer, mais que grâce vous soit rendue ! Quand le cyclisme nous offre des moments pareils, c’est juste magique et c’est avant tout grâce à vous.

A la FantaVuelta, succès du bien nommé Doc Fuentes devant Macho Madness et Tonus. Ces trois-là se réjouissent, bien entendu, de la victoire du Pistolero et peuvent nourrir d’amers regrets en repensant à cette fameuse étape d’Andorre. Au Général, même si la tendance était déjà très nette, les trois inséparables n’ont pas faibli. La victoire ne peut désormais plus échapper à Cachef qui ponctue sa première participation à notre jeu de la plus exquise des manières. Respect ! Pour le podium, un seul petit Fantapoint aura quant à lui suffi à Furupu pour assurer sa deuxième place au détriment d’un Eddy Breckx heureux mais forcément déçu. Bravo à tous, les Fantatours sont derrière nous, mais il reste encore de palpitants objectifs pour cette fin de saison, dont la quête du Graal ultime, le maillot de FantaChampion du monde.

Le bon plan du jour :

Inévitable bon plan, même si Chris Froome l’aurait assurément tout autant mérité, l’audacieux et instinctif Alberto Contador (51 Fantamillions) ponctue son immense carrière de la plus belle des façons. Ce succès salue le plus attaquant des cadors du peloton et son départ à la retraite laissera un énorme vide pour tout afficionado qui se respecte. On ne retracera pas tout son parcours, mais on retiendra qu’Alberto aura tout de même remporté « sept » Grands Tours et qu’une étape comme Fuente Dé restera à jamais gravée dans nos mémoires. Merci pour tout Senor Pistolero, tu seras dur à remplacer et te dire que tu vas nous manquer serait clairement un euphémisme.

Le mauvais plan du jour :

L’équipe Astana aura soufflé le chaud et le froid sur cette Vuelta. Au final, on retiendra les deux superbes victoires de Miguel Angel Lopez, mais les éloges s’arrêteront là. Jamais vraiment dans le coup, Fabio Aru n’a été que l’ombre de lui-même et termine ce Tour d’Espagne dans un plus que relatif anonymat. L’ange de Pesca a, lui, par contre, été un des grands animateurs des étapes de montagne mais n’a pu se battre avec les meilleurs aujourd’hui. Il s’agit néanmoins de la grande révélation de cette édition, dommage que les Kazakhes n’aient pu établir une hiérarchie plus claire qui aurait pu amener le petit colombien à une bien plus belle huitième place que celle qu’il occupe au terme de l’épreuve.

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