Marcynski gagne, El Pistolero dégaine

Tomasz Marcynski s’est offert une belle et inattendue victoire d’étape à Sagunt en s’imposant dans un sprint à trois devant Pawel Poljanski et Enric Mas Nicolau. Mais c’est la bataille entre leaders qui a été spectaculaire, avec un Alberto Contador des beaux jours qui a fait exploser le peloton dans la dernière ascension.

Grâce à Marcynski, mais aussi Jan Polanc, Froome, Nibali, Adam Yates et Atapuma, la team Tormenta remporte largement l’étape du jour devant TDSJ et Specchysquad. 

Le profil de la sixième étape semblait parfait pour une échappée au long cours et c’est tout naturellement qu’un large groupe a pris la poudre d’escampette dès la première difficulté du jour. L’échappée qui a permis à Davide Villella de consolider son maillot à pois bleu a été maintenue à distance par un peloton toujours mené par Ian Stannard et Christian Knees. Alors que le groupe de tête comprenait des hommes d’expérience et de talent comme Jungels, Soler, Navarro, Visconti, Monfort, Atapuma ou Pantano, ce sont Tomasz Marcynski, Pawel Poljanski, Enric Mas Nicolau, Luis Leon Sanchez et Jan Polanc qui sont restés devant au passage du dernier grand prix de la montagne. Les coureurs qu’on n’attendait pas n’avaient cependant presque plus d’avance sur les leaders, puisqu’Alberto Contador a décidé de faire parler la poudre en secouant le peloton comme à la belle époque. Seuls Chris Froome, Tejay Van Garderen et Carlos Betancur ont été capables de suivre le Pistolero. Mais TGV a mystérieusement perdu le contrôle et chuté lourdement dans la descente, entrainant avec lui le pauvre Betancur. Si Van Garderen a réussi à repartir et limiter la casse malgré une deuxième chute à moins de trois kilomètres de l’arrivée, Betancur n’a pas eu cette chance et termine très loin des premiers. Les autres leaders, dont Chaves, Aru et Nibali, se sont assez vite organisés pour revenir sur Froome et Contador, alors que David De la Cruz a plus souffert et perd quelques secondes. Le grand perdant du jour est cependant Romain Bardet qui a concédé près de sept minutes et a dit adieu aux ambitions au classement général. Alors qu’on pensait le groupe des leaders capable de revenir sur la tête de la course et creuser des écarts sur les hommes piégés comme De la Cruz, Simon Yates ou Van Garderen, l’entente n’a pas été parfaite et Marcynski, Poljanski et Mas Nicolau ont réussi à se disputer la victoire au sprint. Une désillusion pour Luis Leon Sanchez qui était le favoris parmi les cinq, mais qui n’a probablement pas cru dans les chances de l’échappée.

Toujours est-il qu’Alberto Contador a frappé un grand coup. Les écarts sont minimes au final, mais l’attaque était inattendue et violente. Tous les favoris de cette Vuelta doivent à présent craindre Alberto Contador, Chris Froome en premier. Car un Pistolero qui tente de s’accrocher sans succès dans les cols ou de partir avec les baroudeurs, c’est une chose. Un Pistolero en pleine forme qui veut en mettre plein la vue à ses fans pour la dernière course de sa carrière et qui a près de trois minutes à récupérer, c’en est une autre… Cette Vuelta est loin d’être jouée et elle risque encore de nous réserver des surprises et du spectacle.

Le retour de Contador pourrait aussi jouer un rôle à la Fantavuelta, même si pour l’instant, ce sont encore les équipes avec Froome, Chaves, Nibali, Roche ou Trentin qui tiennent le haut du pavé. La belle victoire de la team Tormenta, la seule à avoir misé sur Marcynski, tout comme la première place consolidée par Diabolik, en sont la preuve.

Le bon plan du jour

L’équipe Lotto-Soudal se présentait à la Vuelta avec une équipe à priori peu séduisante, mais avec un haut nombre de baroudeurs potentiels. Parmi eux, Tomasz Marcynski ne coûtait qu’un seul fantamillion et bien qu’investir sur lui n’allait pas exciter les sponsors, il avait de la bouteille et son expérience pouvait lui être bien utile dans les longues échappées. La victoire d’étape était malgré tout inattendue et le propulse comme favori pour le prix du coureur au meilleur coefficient. Pour le plus grand bonheur de Tormenta, la seule team à avoir flairé la bonne enroule.

Le mauvais plan du tour

Sa bonne prestation sur l’étape d’Andorre était donc une illusion : Romain Bardet n’a pas le niveau pour lutter pour le classement général sur cette Vuelta. On s’en doutait un peu et le troisième du dernier Tour n’avait jamais vraiment dit le contraire. Après une première défaillance mercredi, le leader d’AG2R a sombré dans la dernière montée du jour, lorsque les Trek et Contador ont accéléré. Pourtant 44 fantamanagers avaient cru en lui et devront à présent espérer qu’il remporte une étape. Il faudra voir s’il lui reste encore un peu de forces, car on a vu mercredi et jeudi qu’on a beau avoir un beau palmarès et un statut de favori, cela ne suffit pas à gagner des étapes. 

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