Analyse des transferts 2018-2019

Le début de la saison cycliste est à nos portes et avant de commencer à suivre les premières courses dans l’hémisphère Sud, une petite analyse des transferts d’intersaison s’impose.  Des transferts essentiellement marqués par la dissolution de l’équipe BMC, dont la structure a fusionné avec celle de l’équipe polonaise CCC et par la domination financière des équipes de la péninsule arabique.

Inutile de le cacher, le mercato hivernal n’a pas été marqué par de gros coups d’éclat cette année. Les tout grands leaders du peloton n’ont pas changé de tunique et sans l’arrêt de l’expérience BMC, on n’aurait vraiment pas eu grand-chose à raconter. Car même si une grande partie des anciens hommes en rouge-et-noir ont accompagné Greg Van Avermaet dans la nouvelle équipe CCC world tour, des noms importants comme Richie Porte (Trek), Rohan Dennis, Dylan Teuns (Bahrein), Alberto Bettiol , Tejay Van Garderen (EF Drapac), Jempy Drucker (Bora Hansgrohe), Nicolas Roche (Team Sunweb) , Juergen Roelantds (Movistar) ou Stefan Kung (Grouporama FDJ ) ont choisi une autre voie. Si on regarde bien, il ne reste d’ailleurs plus beaucoup d’équipiers d’expérience à Van Avermaet qui n’a peut-être jamais eu besoin d’une armada pour l’entourer, mais qui risque quand même de se sentir bien seul  dans les grands rendez-vous.  On suivre par contre avec un certain intérêt l’arrivée dans une équipe de première catégorie du jeune sprinter italo-polonais Jakub Marezcko qui se sentira surement à l’aise dans un environnement slave, mais qui devra se trouver un train pour être compétitif dans les sprints de haut niveau.

On aura aussi remarqué que le mercato cycliste commence lentement à ressemble à celui de la Ligue 1 du foot français : les équipes financés par l’argent de la péninsule arabique s’amusent, les autres font ce qu’ils peuvent. En effet, si l’UAE Team Emirates s’est contenté de frapper un très grand coup en engageant Fernando Gaviria, la Team Bahrein-Merida a été l’équipe la plus active du mercato. La formation de Brent Copeland a certes laissé partir les frères Izagirre vers Astana, mais s’est surtout renforcée à tous les niveaux, en engageant le champion du monde du CLM Rohan Dennis, un sprinter émergent comme Phil Bauhaus, un puncheur comme Dylan Teuns et des grimpeurs comme Damiano Caruso ou Jan Tratnik qui seront utiles pour épauler Vincenzo Nibali dans les grands tours.

Les autres équipes qui se sont renforcées, sont évidemment celles qui ont largement déçu en 2018. A commencer par la Team Dimension Data qui a attiré un des grands bonhommes de 2018, à savoir Michael Valgren. Le Danois sera le leader sur les courses d’un jour pour l’équipe sud-africaine où il pourra aussi compter sur les autres transferts comme Giacomo Nizzolo, Roman Kreuziger ou Enrico Gasparotto. Qaunt à l’équipe Katusha, on verra si les arrivées de Jens Debusschere, Dani Navarro et Enrico Battaglin pourront redresser un bateau à la dérive qui s’est débarrassé de l’énigme Tony Martin, parti chez Lotto Jumbo.

L’autre grande nouveauté pour la saison 2019, c’est le changement d’équipe d’André Greipel. Le Gorille de Rostock a décidé de finir sa carrière dans une équipe mineure (Arkea Samsic, en compagnie de Warren Barguill) et a aussitôt été remplacé chez Lotto-Soudal par Caleb Ewan. Le sprinter australien a visiblement mal digéré le choix des dirigeants de Mitchelton-Scott de miser sur  les classements généraux des grands tours en 2018 et est allé suivre les traces de son illustre prédécesseur chez Lotto, Robby McEwen. Avec un train bien rodé comme celui de l’équipe belge, la combinaison pourrait faire des ravages.

Pour le reste, on notera que la Quick Step a continué de dégraisser son effectif malgré l’arrivée du nouveau sponsor Deuceunink en laissant partir sa star Fernando Gaviria, le vainqueur du Tour des Flandres 2018 Nicki Terpstra (Direct Energie), les prometteurs Laurens De Plus (Lotto Jumbo) et Max Schachmann (Bora) sans engager des remplaçants. Mais on ne s’en fait pas trop pour la bande à Patrick Lefevere qui a battu tous les records de victoires en 2018 après avoir laissé partir Marcel Kittel, Dan Martin et Matteo Trentin, surtout qu’avec Remco Evenpoel, elle possède à présent le « nouveau Merckx » dans ses rangs… 

Un transfert intéressant et à suivre est évidemment l’arrivée de Richie Porte chez Trek – Segafredo, histoire de vérifier si la poisse légendaire du tasmanien était liée à la couleur de son maillot… L’Australien sera aussi soutenu Giulio Ciccone et Ivan Sosa, deux jeunes coureurs qui ont eu de bons résultats dans les équipes italiennes professionnelles. On suivra aussi avec intérêt l’arrivée assez étonnante de Stefan Kung chez Groupama – FDJ pour garantir des victoires au CLM mais aussi, qui sait, pour des résultats sur les pavés du Nord.
Enfin, on tient à saluer trois grands bonhommes du cyclisme de cette décennie  qu’on ne verra plus sur les routes en 2019 : Sylvain Chavanel, Pippo Pozzato et Premieslav Niemec. Merci à vous et bonne continuation.

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