Mads Pedersen le champion qu’on n’attendait pas

Le danois Mads Pedersen est devenu le nouveau champion du monde sur les routes détrempées du Yorkshire. Le coureur de 23 ans a devancé au sprint ses compagnons d’échappée Matteo Trentin et Stefan Kung. Les Mondiaux se sont déroulés dans des conditions dantesques et même s’ils ont été moins spectaculaires que prévus, ils n’ont pas été avares de rebondissements.

Avec Pedersen, Trentin plus les points récoltés par Matthews, Valgren et Stybar, c’est la Aurel Team qui remporte le Fantamundial et pourra endosser le maillot arc-en-ciel pendant la saison 2020.

Comme prévu, la pluie était au rendez-vous dans le Yorkshire et malgré un changement de parcours qui a raccourci le tracé et supprimé les cols prévus avant l’entrée dans le circuit final, les coureurs ont vécu une très dure journée. Avec une échappée matinale formée de coureurs de premier plan comme Roglic, Quintana, Daniel Martin, Richard Carapaz ou Magnus Cort Nielsen, le peloton a dû travailler très tôt pour contrôler la situation. Le premier fait de course arrive peu avant l’entrée dans le circuit final, lorsqu’une chute contraint Philippe Gilbert accompagné de Remco Evenepoel et Bob Jungels de poursuivre un peloton où les belges Declerq et Van Avermaet ont accéléré le rythme de manière incompréhensible. Avec une minute de retard, les deux belges ne réussissent pas à rentrer et hissent drapeau blanc à 90 kilomètres du but. Alors que ces abandons enlèvent des options offensives à la Belgique, le premier groupe perd tour après tour des coureurs incapables de suivre, souvent en raison des conditions très difficiles. Valverde, Lutsenko, Sam Bennett, Woods ou Geraint Thomas abandonnent ainsi avant que les choses sérieuses ne commencent.

Les choses sérieuses, se sont Lawson Craddock et Stefan Kung qui les lancent à 60 kilomètres de l’arrivée. Ils sont rejoints au tour suivant par Mads Pedersen, Mike Teunissen et Gianni Moscon, alors que dans le peloton, ce sont les belges et les français qui tentent de limiter l’écart. A 33 kilomètres de l’arrivée, alors que Craddock et Teunissen sont lâchés, Mathieu Van der Poel lance l’offensive, suivi du seul Matteo Trentin. Le duo rejoint vite les hommes de tête et ensemble, ils creusent l’écart sur un peloton désormais réduit où l'équipe belge, lassée de subir la course, va être incapable de contrôlée l'échappée. On comprend vite que la victoire se jouera entre les cinq hommes suivants: Van der Poel, Trentin, Pedersen, Kung et Moscon. Mais à douze kilomètres de l’arrivée survient le craquage le plus inattendu. Le super-favori Mathieu Van der Poel est victime d’une terrible défaillance dans un secteur à priori inoffensif. Presque à l’arrêt, MVDP se fait lâcher par ses compagnons d’échappée, absorber et rejeter par le peloton pour finalement terminer 43ème à plus de 10 minutes du vainqueur. Une terrible claque qui rend d'un coup humain celui qu'on avait cru extra-terrestre.

Matteo Trentin semble alors dans un fauteuil et grâce notamment  à une supériorité numérique, on voit mal comment le titre peut échapper à l’Italie. Mais Gianni Moscon perd contact avec le la tête dans la dernière montée alors que Mads Pedersen réussit de justesse à rester dans les roues de Kung et Trentin. Le sprint final est en légère montée. Matteo Trentin attend les 200 mètres avant de lancer son effort mais se plante, sans jus dans les jambes, à 50 mètres du but, dépassée par un pimpant Mads Pedersen qui était tout simplement le plus fort ce dimanche. Pedersen devient le premier Danois à endosser le maillot arc-en-ciel et après s’être fait connaître lors du Tour des Flandres 2018, il confirme qu’il sera sans aucun doute un des grands protagonistes des classiques dans les années à venir.

Quant à Matteo Trentin et toute l’équipe italienne, ils sont les grands déçus du jour malgré une première médaille depuis 2008. Contrairement aux autres nations de prestige comme la Belgique ou la France, la squadra avait parfaitement joué le coup jusqu’aux 100 derniers mètres. Peut-être auraient-ils pu tenter quelque chose avant pour faire peser leur supériorité numérique, ou peut-être que Trentin aurait-il pu ménager ses efforts pour éviter de rester sans forces dans le final. Facile à dire à postériori, mais cette défaite sera difficile à digérer pour Trentin qui avait une occasion unique de remporter une victoire mémorable.

Si Stefan Kung, le premier à être passé à l’action, mérite amplement sa médaille de bronze, Gianni Moscon, quatrième, confirme qu’il est un coureur tout terrain, après sa cinquième place lors des Mondiaux montagneux d’Innsbruck l’an dernier. Premier des battus, Peter Sagan  peut s’en vouloir d’avoir laissé partir le bon coup, alors qu’il semblait plutôt en forme, même si on n’est pas certain qu’il avait le kick nécessaire pour suivre Van der Poel et Trentin. Un kick qui manquait aussi à Julian Alaphilippe, auteur d’une course assez anonyme terminée à la 28ème place, très loin du vainqueur. Mais comment lui en vouloir après une saison aussi intense ?

Avec tous ces abandons et défaillances, les fantamangers ont suivi la course en comptant les cartouches encore en course. La mauvaise journée de Gilbert, Evenepoel, Valverde, Lutsenko, Sam Bennett ou Boasson a vite fait déchanter de nombreux joueurs, alors que les limites de Julian Alaphilippe ont envoyé en l’air les plans de nombreuses autres équipes. Finalement, c’est la Aurel Team qui l’emporte grâce aux points de Pedersen, Trentin, Valgren, Stybar et Matthews. Aurel a eu la bonne idée de renoncer à Alaphilippe et aux Belges tout en misant sur les bons danois et sur des outsiders comme Stybar, Matthews, mais aussi sur des coureurs qui n’ont pas terminé dans les points comme Simon Clarke, Riabushenko ou Ben Swift. Van der Poel était le leader désigné, mais sa défaillance n’a heureusement rien changé pour Aurel.

Le vainqueur de la dernière Fantavueta, Les Braqueurs, prend la médaille d’argent grâce au trio Pedersen, Trentin et Sagan, plus les points de Matthews, alors que Les Ptis Loups montent sur la troisième marche du podium avec Pedersen, Sagan, Valgren et Degenkolb.

La saison fantacycliste se termine donc avec un nouveau fanta-champion-du-monde. Il restera à faire le bilan de la saison, à passer l’hiver sans bobos ni déprimes et à préparer les classiques de printemps 2020.  

 

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