Que la montagne est belle

On l’attendait cette première étape de montagne du Giro. On n’a pas été déçus. Une échappée dangereuse, un vainqueur impressionnant, un maillot rose défendu héroïquement, un ancien et peut-être futur maillot rose attaqué de toute part, un grand favori qui craque…

Au Fantagiro, les loups sortent de leur tanière et on commence à voir les équipes qui ont des chances de remporter la course s’afficher en tête du peloton. Giro-Nimo remporte l’étape du jour et Haten Ben Kebab savoure cette nouvelle journée en rose de Jan Polanc et prend la tête du général.

Le bon plan du jour

Après une saison décevante et un début d’année relativement anonyme, on ne pensait pas qu’Ilnur Zakarin pouvait revenir à son meilleur niveau. Pour 20 millions, il était le leader du général le moins cher, mais beaucoup de fantamanagers se sont méfiés du Russe qui ne figure que dans 43 équipes. Vendredi, il a vécu une journée de gloire. Intelligemment entré dans l’échappée matinale, il a laissé faire les équipes très représentées devant afin de se préserver pour la montée finale. Ce qui lui a permis de s’envoler dans les derniers kilomètres sans laisser de chances à ses compagnons d’échappée. Se débarrasser de vieux briscards comme Nieve ou Mollema n’est déjà pas facile, mais prendre du temps aux leaders même lorsque la bagarre a commencé, c’est impressionnant. Zakarin remonte à la troisième place du général et s’il ne paie pas ses efforts dans l’étape de samedi, on le délogera difficilement du podium.

 

La surprise du jour

La surprise du jour, c’est de voir ce mano-à-mano entre Roglic et Nibali dans la montée finale. Un tête-à-tête comme on n’en avait plus vu depuis longtemps qui résume à lui seul toute la magie tactique du cyclisme. Après l’abandon de Dumoulin et le craquage de Yates, Roglic et Nibali sont les seuls grands favoris de la veille encore en course pour la victoire finale. Lorsque Landa a attaqué et que Pozzovivo a montré qu’il ne pouvait pas ramener tout le monde, Nibali a laissé Roglic prendre les choses en main. Normal, il est le favori avec le plus d’avance, il a un contre-la-montre final à disposition, il doit gérer. Résultat, attaque de Majka, de Carapaz, de Sivakov. Roglic a laissé partir tout le monde sauf Nibali qui a continué à l’inviter à prendre ses responsabilités pour limiter les pertes de temps. Le Requin de Messine semble avoir entamé une guerre psychologique avec le Slovène qui devra montrer beaucoup de sang froid pour ne pas craquer mentalement. Sans une grosse équipe à disposition, Roglic ne peut pas cadenasser la course et pédaler derrière tout le monde. Tout le monde se fait un plaisir de lui reprendre du temps et toutes les montagnes à venir, on se demande bien comment il va tenir. Quant à Nibali, la tactique semble parfaite pour cuire son adversaire à petit feu, mais il ne doit pas tomber dans son propre piège et tôt ou tard, il faudra quand même avoir les jambes pour l’estocade finale.

 

Le mauvais plan du jour

On avait déjà senti que les deux naufragés du jour, Simon Yates et Bob Jungels, sentaient le mauvais plan fantacycliste. Mettons alors en avant le malchanceux du jour, à savoir Miguel Angel Lopez. Victime d’un problème mécanique lorsque la bagarre entre leaders a commencé, Lopez a un peu perdu son sang-froid. Il s’est mis dans le rouge pour vite revenir sur Roglic et Nibali mais a coincé et payé ses efforts dans les derniers kilomètres. Il perd 1’22 sur Nibali et Roglic et 4’19 sur Zakarin. Il est jeune et il apprend, mais perdre du temps dans l’étape qui devait marquer le début de sa remuntada, n’était surement pas dans son agenda.  Lopez reste très fort et on le verra surement encore à l’attaque, mais il coutait quand même 51 fantamillions, un budget avec lequel on pouvait faire de multiples investissements peut-être plus avantageux.