Sous le déluge, Ackermann gagne, Dumoulin abandonne et Viviani se noie

La pluie n'a pas lâché le peloton une seule seconde dans cette 5e étape promise aux sprinters, et remportée de justesse par Ackermann devant Gaviria. Au-delà de la victoire de l'Allemand, tous les yeux étaient portés vers Tom Dumoulin, dont les plus optimistes espéraient qu'il puisse survivre au moins un jour de plus dans ce Giro. Les conditions de course épouvantables n'auront bien sûr pas incité le Hollandais à puiser dans ses derniers retranchements, mais de toute façon, la décision de recharger ses accus et de porter ses ambitions sur le Tour de France semble faire pleinement sens. Au Fantagiro, France 2 remporte l'étape, tandis que Time Flies reste en tête du général.

Le bon plan du jour

La conjonction d'un prix très élevé (46 fantamillions) et d'une totale invisibilité durant le printemps ont sans aucun doute incité l'immense majorité des fantamanagers à faire l'impasse sur le potentiel pourtant évident du jeune champion d'Allemagne. L'affaire n'en est que plus juteuse pour les 15 audacieux qui ont maintenu leur confiance en Ackermann. A seulement25 ans, il a déjà démontré une large palette de talents dans ce Giro : si sa première victoire fut remportée en pure puissance, il a fait la preuve de son instinct aujourd'hui en suivant la bonne roue (celle de Gaviria) pour déposer le Colombien dans les derniers mètres. De plus, sa présence hier dans le final exigeant de Frascati semble indiquer que contrairement à son grand aîné Kittel, il n'a pas peur des bosses. Bref, on assiste probablement à l'éclosion d'un grand champion. Avec déjà plus de 600 points au compteur, le cyclamen sur les épaules et quelques sprints encore à disputer, l'Allemand s'impose comme un des vrais bons plans de ce début de Giro. 

La surprise du jour

C'est peu de dire qu'on ne s'attendait pas à voir Matteo Moschetti jouer les premiers violons sur ce Giro. Sans véritable référence printanière, il vient pourtant de signer son deuxième top 5 de la semaine, s'inclinant seulement devant la crème mondiale du sprint. Avec 105 points dans la besace (10 de moins que Viviani!) pour un investissement limité de 7 fantamillions,  la bonne surprise venue de chez Trek fait bien mieux que des compatriotes mieux cotés, comme Nizzolo, Cimolai ou Modolo.   

Le mauvais plan du jour

On vous en parlait dès le début de la semaine, on en a eu la confirmationaujourd'hui : Elia Viviani est bien un des très mauvais plans de ce Giro. L'année dernière, il s'était promené face à un famélique plateau de seconds couteaux. En 2019, face à une compétition de classe mondiale, le narratif est tout à fait différent. Battu à la régulière par Ackermann à Fucecchio, poussé à la faute à Orbetello, largué hier dans le sprint en côte à Frascati, Viviani (qui n'avait pas enlevé son chasuble !) n'a même pas daigné sprinté cet après-midi, dans ce qui se profilait pourtant pour lui comme une étape idéale de rédemption. Sabatini et Sénéchal l'avaient parfaitement emmené aux 500 mètres, mais comme cela lui arrive bien trop souvent, l'Italien a donc à nouveau trouvé le moyen de perdre. On a l'impression que son perfectionnisme joue ici contre lui : dès qu'un sprint n'est pas 100% limpide, il a décidément bien dumal à improviser pour aller chercher la victoire. Ce Giro est évidemment loin d'être fini pour le sprinter Quick Step, mais pour un investissement majeur de 54 fantamillions, le fantamanager avisé attend un retour d'au moins 1000 points. Un horizon qui paraît carrément une chimère pour Viviani, coincé à 115 points.