Tibopino, ce héros !

 

Doublé français au sommet du Tourmalet où Thibault Pinot s’impose en véritable costaud. Le français a attendu les derniers hectomètres pour placer une attaque tranchante et s’envoler vers une victoire qu'il a véritablement façonnée. Ce diable d'Alaphilippe, nullement rassasié, fait, une fois de plus, mieux que se défendre et s’empare d'une deuxième place au nez et à la barbe de tous les favoris. Véritable guerre d'usure et où les nerfs ont largement été mis à contribution, cette journée de samedi a vu pas mal de cadors sombrer corps et âmes. 

Kruiswijk, troisième à l’arrivée, n’en fait pas partie, au même titre que Buchman, Bernal, Landa et Uran tous les quatre dans le bon tempo. Pour Thomas, assurément dans un jour sans et dont l’équipe Ineos n’a, pour une fois, pas été aussi dominatrice que ces dernières années, les trente secondes perdues sont presque anecdotiques au regard de la détresse qui a semblé l’animer ce samedi. Geraint va devoir s’affairer pour reprendre la main et sortir ses atouts de la manche pour tenter d’inverser la tendance. Car ce qui paraissait improbable il y a deux semaines, à savoir le sacre final d’Alaf, devient une réalité qu’on ne peut, désormais plus ignorer. 

Pour tous les autres, la tendance est plutôt à la baisse alors qu’on ne fait qu’aborder les prémices d’un Tour on ne peut plus montagneux et qui passera plus de six fois encore au-delà des 2000 mètres. Certes, la route est encore longue mais pour Romain Bardet, à plus de 20 minutes du vainqueur, elle paraît s’être déjà arrêtée. Il est vrai que la Movistar n’a pas ménagé sa peine pour hausser le rythme au cœur de la bagarre, tant et si bien qu’elle a même réussi à mettre son leader Quintana hors-jeu. On connaît désormais les hommes forts et les Mas, Yates, Martin ou autre Porte vont avoir fort à faire dorénavant pour sauver ce qui peut encore être sauvé.

Au Fantatour, HTC-Highroad reprend la main au Général tandis que Andy Clette et sa team Tempo Rijs remporte le Fanta bouquet du jour. 

Le Bon Plan du jour

Cette satanée bordure trottera encore un peu plus dans la tête de Pinot car sans celle-ci, c’est bien le franc-comtois qui serait à la lutte avec le surprenant maillot jaune. Tibopino semble dans la forme de sa vie et, avec l’aide d’un Gaudu virevoltant, il a rendu une copie parfaite. Comme l’écrivait l’Equipe, c’est probablement l’année ou jamais pour le protégé de Marc Madiot. Le français a passé un cap et, malgré un mental quelque fois fragile, on sent qu’il en a sous la pédale et que l’exploit est désormais à portée de roue.  

La Bonne Surprise du jour

Ce n’est qu’une demi surprise mais la prestation de Steven Kruiswijk mérite à elle seule le détour. Il n’a pas manqué grand-chose au « cintre » pour s’imposer mais il a, en tout cas démontré qu’il va falloir clairement compter avec lui. Bien aidé par un admirable Laurens De Plus et un Georges Bennett de tous les instants, Kruiswijk a livré un très beau combat et se présente comme un véritable prétendant, si ce n’est à la victoire finale, au moins assurément au podium. Steven pète le feu, maintenant, y’a plus qu’à… !  

Le Mauvais Plan du jour

Romain Bardet va devoir être fort pour rester concerné par un Tour où il n’a strictement plus rien à gagner si ce n’est un succès de prestige. Premier des favoris à craquer sous les coups de boutoir de la Movistar, Romain a véritablement explosé en plein vol. Déjà fort peu à son affaire depuis le départ, Bardet a, cette fois, complètement perdu les pédales et tout espoir de porter haut les couleurs de la France. C’est dans les mauvais moments que se révèlent les qualités d’un homme blessé, on lui souhaite maintenant de vite se relever et de se prouver qu’il peut encore être celui qui en a déjà fait rêver plus d’un.