podium etape 19 giro 2022 - podium stage 19

Koen Bouwman a remporté sa deuxième victoire d’étape au Giro en s’imposant au sprint face à ses compagnons d’échappée au terme d’une étape bien décevante au niveau du spectacle offert par les coureurs. Celui qui a désormais presque remporté le classement du meilleur grimpeur a réussi à entrer dans l’échappée matinale où ne figuraient pas beaucoup de grimpeurs, vu le profil de la première partie du parcours. Ce sont donc surtout des rouleurs comme Affini, Gaviria, Ballerini ou Vendrame qui figuraient dans le groupe d’attaquants qui a très vite compté jusqu’à 11 minutes d’avance sur un peloton comme toujours désintéressé. Ce n’est pas un hasard que les meilleurs grimpeurs du groupe de tête ont résisté dans les montées situées à la frontière entre l’Italie et la Slovénie. Bouwman, Valter, Schmid, Tonelli et Vendrame se sont donc disputés la victoire au sprint, mais un virage à 90° à 200 mètres de l’arrivée pris de manière serrée par Bouwman a obligé Schmid, Vendrame et Valter de faire un tout droit, laissant le champ libre à la deuxième victoire du bon plan Bouwman. Concernant la lutte pour le classement général, et bien il ne s’est à nouveau rien passé. Quelques escarmouches sans effet dans la dernière ascension entre Carapaz, Hindley et Landa, mais rien de plus. Le Giro se jouera donc dans les deux dernières étapes, et la terrible montée du Fedaia dans l’étape reine de samedi, offrira, espérons-le, un peu plus de spectacle.

C’est la team Sinister qui remporte la fanta-étape d’un demi boyau sur Biclou et la MR Team, alors que la Livestrong Team reste en tête du classement général. Les fantamanagers avertis auront compris que ce Fantagiro se jouera sur le fil, avec les points du classement général qui permettront plus que probablement des belles remontadas inattendues. Car avec autant de leaders ayant abandonné, celui qui possède 4-5 coureurs du top-10 pourra faire des belles opérations lors du calcul final.

Le bon plan du jour

Oui, Koen Bouwman est un bon plan, on l‘avais déjà dit. On peut même dire que c’est un super bon plan, mais honneur cette fois à un coureur low-cost qui a réussi à se hisser à la troisième place d’une étape de montagne en troisième semaine du Giro. La belle prestation d’Alessandro Tonelli mérite d’être soulignée, non seulement parce que le coureur italien rapporte 80 points pour 1 fantamillion, mais aussi parce qu’il confirme une belle prestation collective de la formation Bardiani. Ils avaient annoncé en début de Giro que contrairement aux années précédentes, ils ne comptaient pas seulement montrer le maillot dans des échappées vouées à l’échec, mais qu’ils allaient bien choisir leur jour et que l’objectif était de gagner une étape. Ils n’ont pour l’instant pas atteint leur but, mais il faut dire que les Bardiani ne sont pas passé loin. Avec Gabburo à deux reprises. Avec Tonelli aujourd’hui. Avec Luca Covilli, sixième à Cogne. Bref, la formation des frères Reverberi a montré l’approche qu’il faut avoir lorsqu’on est une équipe invitée. Bravo à eux.

Le mauvais plan du tour

La liste des mauvais plans de ce Giro est longue, mais il y en a un qui a réussi à ne pas encore figurer dans cette rubrique, malgré un tour d’Italie catastrophique : Tobias Foss. Premièrement, le Norvégien n’a pas brillé lors du prologue, en terminant 6ème à Budapest, ce qui représente un pas en arrière par rapport à sa cinquième place de Palerme en 2020 et la troisième place à Turin en 2021. Il s’est ensuite éteint dans les premières montées du Giro, renonçant de fait à la lutte pour le classement général. Mais alors que les autres coureurs dans sa situation ont tenté de sauver leur Giro en partant à l’attaque pour la victoire d’étape, Tobias Foss est gentiment resté dans le gruppetto et on serait étonné qu’il y sorte lors de l’étape dans le Dolomites de samedi. Un pas en arrière pour mieux rebondir dans le futur ? Pas sûr, car ce Giro a bien redimensionné ses ambitions de leader de grand tour.

Le prono-provoc pour la vingtième étape

Las de cet attentisme qu’il n’aurait jamais adopté dans ses plus belles années, Vincenzo Nibali décide de finir son dernier Giro en beauté. Il est le dernier Campionissimo du cyclisme transalpin et il le sait. Il connait l’histoire du vélo et attaquera donc dans la descente du Passo San Pellegrino pour s’envoler dans le Pordoi, comme un certain Fausto Coppi avait fait en 1949. Il lui restera malheureusement le Passo Fedaia à franchir et sa ligne droite de 4 kilomètres à 11%, mais comme le trio, devenu duo après la chute de Landa dans la descente du Pordoi, se regarde comme depuis 10 jours, le squale s’envole vers sa plus belle victoire et son plus beau maillot rose.