La plus belle pour Jasper Stuyven

Jasper Stuyven a déjoué tous les pronostics en remportant à Sanremo le premier Monument de la saison. Le Belge a profité d’une situation tactiquement délicate pour attaquer dans le bas de la descente du Poggio. Il s’impose avec quelques mètres d’avance sur un Caleb Ewan étincelant et sur les déçus du jour, Woet Van Aert et Mathieu Van der Poel.

On l’attendait cette Primavera. On attendait surtout la bagarre ultime entre les trois super-favoris de ce premier monument de la saison. Mais cette bagarre n’est finalement jamais arrivée. Peut-être parce qu’ils ne sont pas des surhommes, et que l’édition 2021 de la Primavera a été marquée par un rythme très soutenu tout au long des près de 300 kilomètres qui séparent Milan de Sanremo, ce qui a fatalement pesé dans le jambes, dans toutes les jambes. Pas d’attaques dans la Cipressa, où les Jumbo Visma de Woet Van Aert ont mené un train d’enfer qui a uniquement fait sauter quelques outsiders comme Fernando Gaviria ou Alberto Bettiol. Dans le Poggio, ce sont les Ineos qui ont pris la situation en main avec un long relais de Filippo Ganna. L’étonnant Caleb Ewan était calé dans sa roue, et il a d’ailleurs fait toute l’ascension dans les premières positions. Même lorsque Julian Alaphilippe a placé la première attaque, l’Australien n’a pas eu trop de mal à le suivre, tout comme Woet Van Aert, Mathieu Van der Poel, Soren Kragh Andersen et Max Schachman. Sans rien enlever à l’audace du champion du monde, il faut dire que son accélération était moins foudroyante que celles qu’il a fait dans le passé, en 2017, 2019 et 2020, alors que les relances de Van Aert n’étaient pas assez puissantes pour faire une grosse différence. Ceci a permis à Matthews, Trentin, Stuyven, Turgis, Van Avermaet et Pidcock de s’accrocher, alors que Sagan, Colbrelli, Aranburu, Kwiatkowski et Morohic sont revenus dans la descente.

La situation avec un groupe d’une quinzaine de coureurs était parfaite pour une embuscade, et c’est Jasper Stuyven qui a tenté sa chance en premier, en partant juste en bas de la descente pour trois kilomètres en apnée. Derrière, on s’est évidemment regardé. Personne ne voulait faire l’effort de trop et offrir la victoire à un adversaire, même si on peut s’étonner que les équipes avec deux coureurs n’ont pas sacrifié un homme. Schachmann pour Sagan, Mohoric pour Colbrelli, Pidcock pour Kwiatkowski ou vice et versa. Cet attentisme a fait les affaires de Stuyven qui a même pu compter sur le retour de Kragh Andersen qui lui a carrément offert un dernier relais salvateur. Stuyven a résisté de justesse au retour des hommes lancés dans un sprint trop tardif. Ewan prend la deuxième place devant Woaet Van Aert et un Peter Sagan qui termine comme un boulet de canon, mais échoue encore une fois dans sa quête de la Classicissima.

Une Classicissima qui figure à présent au palmarès de Jasper Stuyven. Sans aucun doute la plus belle victoire de la carrière du coureur belge qui a montré une progression lente mais constante ces dernières années, en remportant des courses de plus en plus importantes au fil du temps, jusqu’au Monument à Sanremo. On notera aussi les belles places dans le top-10 d’Aranburu, Colbrelli ou Turgis, alors que Giacomo Nizzolo a remporté le sprint des battus devant Nacer Bouhanni et Pascal Ackermann. Pour la bagarre entre Van Aert, Van der Poel et Alaphilippe, il faudra attendre le Tour des Flandres, mais attention, car un Jasper Stuyven en pleine confiance ou un autre coureur dans un grand jour, pourraient à nouveau tirer profit d’un marquage trop serré entre les favoris.

 

Au Fantaclassics, c’est la team Cannibale qui a vécu une journée de rêve. Stuyven, Ewan, Van Aert, Van der Poel. Quatre coureurs dans le top-5 sur un Monument, ça rapporte un paquet de points… Avec Mohoric, Pidcock et Alaphilippe en bonus, l’équipe de Xalinenn engrange 3140 points et s’impose devant Wieler (Stuyven, Van Aert, Van der Poel, Aranburu, Mohoric, Pidcock, Schachmann et Alaphilippe) et Toiutoro (Stuyven, Ewan, Van Aer, Van der Poel, Schachmann).

Au classement général, c’est Cacace qui mène la danse avec sa team Camoulox, mais les écarts sont encore réduits et la bagarre sera impitoyable dans les prochaines semaines.

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