Michael Matthews a remporté la 14ème étape du Tour en s’imposant en costaud dans l’aérodrome de Mende. Cette étape pour baroudeurs a a vu un beau groupe s’échapper après une bagarre intense. Tous les candidats à l’échappée que les pronostiqueurs avaient passé en revue étaient présents. De Fuglsang à Kamna, en passant par Pinot, Woods, Bettiol, LL Sanchez, Konrad ou Kron. Celui qu’on attendait un peu moins dans une étape aussi difficile, c’était Michael Matthews. Mais l’Australien est entré dans le bon coup et est parti à l’attaque à 45 kilomètres de l’arrivée, en emmenant avec lui Sanchez, Kron et Grosschartner. Dans la dernière ascension, un Alberto Bettiol en mode Ronde 2019 a fait le bond, en lâchant les poursuivants et en revenant sur Matthews. L’Italien l’a attaqué, mais un cowboy australien ne lâche pas l’affaire aussi facilement. Bling Bling s’est accroché, il est revenu sur Bettiol au sommet et l’a attaqué en pleine confiance pour s’envoler vers une magnifique victoire.
Un quart d’heure après, les hiérarchies entre leaders ont une nouvelle fois été mises en évidence. Pogacar a essayé de se débarrasser sans succès de Vingegaard. Thomas est toujours le dernier à résister aux deux phénomènes, Quintana, Yates, Bardet et Gaudu sont plus ou moins au même niveau, un cran au-dessus de Vlasov et Mas et deux crans au-dessus de Lutsenko et Pidcock. On notera malgré tout que Louis Meintjes profite de sa présence dans l'échappée pour rentrer dans le top-10 du général. Il pourrait se battre pour y rester.
C’est la team Gasseosa Glacial qui remporte la victoire d’étape grâce à ses 5 atouts que sont Matthews, Pinoy, Vingegaard, Pogacar et Van Aert. Gribouille&Co reste en tête du général devant la Gitane, mais la tension est à son comble dans le groupe de tête, surtout que l’abandon de Primoz Roglic annoncé ce dimanche matin, va permettre à certaines équipes de faire entrer un remplaçant et se relancer dans la bagarre.
Le bon plan du jour
Comme Mads Pedersen la veille et Cort Nielsen la semaine dernière, Michael Matthews a prouvé que ce Tour de France était plus fait pour les sprinter-qui-passent-les-bosses que pour le purs jet-men. Pourtant, 31 fantamillions semblaient beaucoup pour un coureur qui ne gagne malheureusement pas souvent. Trop lent face aux sprinters, pas assez fort face aux puncheurs, cela fait quelques années que Bling Bling ne réussit pas à trouver sa place dans le peloton. Il a probablement passé un cap à Mende, car sa gestion de course a été parfaite, tout comme son caractère de battant, mais surtout, il a battu des vrais grimpeurs comme Pinot, Martinez, Soler ou Grosschartner sur leur terrain. En attendant, les 440 points récolté sont un beau pactole, surtout si on le compare à celui des sprinteurs comme Philipsen ou Jakobsen qui coûtaient bien plus cher.
Le mauvais plan du tour
Parmi les vétérans de la formation Israel - Premier Tech, Michael Woods est le seul à n’avoir marqué aucun point. Pourtant, il y a encore peu, un Michael Woods échappé avec un final comme celui de Mende, c’était une victoire d’étape quasi assurée. Mais le Canadien de 35 ans n’est plus le puncheur redoutable qu’il était et semble se contenter d’un rôle d’équipier de luxe. Mauvais plan pour 17 fantateams qui ont quand même déboursé 33 millions pour un simple gregario.
Le prono-provoc pour la 15ème étape
Las de courir derrière des échappées pour obtenir un sprint massif qui n’arrive pas, les Lotto et les Quick Step envoient Ewan et Jakobsen ainsi que plusieurs équipiers dans l’échappée matinale. Sauf qu’ils se font lâcher dans la dernière ascension et commencent une course-poursuite avec le groupe de tête. Pour changer… elle sera vaine et ce sera finalement un quatrième sprinter-rouleur qui s’imposera à Carcassone : Alexandr Kristoff.

