À priori propice aux baroudeurs, on se doutait bien que pas mal de coursiers allaient se jouer le coup de la fugue ce vendredi. Ce dont on se doutait moins, c’est la tournure complètement folle que cette journée de transition a fini par prendre. Un groupe de 37 coureurs, dans lequel figurait Jasper Disaster, s’est donc très vite envolé avant d’être rejoint, à l’approche du sprint intermédiaire, par un groupe de contre emmené par un plus que résilient Mads Pedersen qui ne voulait voir en aucune manière le belge lui reprendre 25 points. Objectif atteint pour le danois, qui en perdra tout de même 5, mais on se retrouvera par là-même avec une cinquantaine de fuyards partis en chasse patat à l’assaut final du Col des Croix et du Ballon d’Alsace.
Suite aux coups de butoirs de Van Gils, Pidcock et Plapp, il n’en restera que 9 au sommet de la deuxième ascension avant que Tejada et Schmid ne profitent d’une certaine mésentente au sein de ce groupe et ne prennent définitivement la poudre d’escampette à quinze kilomètres de l’arrivée. Malgré leur maigre avance d’une vingtaine de secondes et le travail incessant de leurs avides poursuivants, les deux ne manqueront pourtant pas l’opportunité offerte d’aller se jouer la gagne dans un sprint que remportera à l’arrache le suisse à Belfort. Déçu de ne pas avoir pu lever les bras, Tom Pidcock aligne néanmoins, à quelques boyaux du duo, les derniers rescapés et en profite pour remonter à la quatrième place du Général. Le peloton termine quant à lui à près de huit minutes mais s’est sans nul doute ménagé avant un week-end qui s’annonce redoutable. Pour une journée de transition, on ne pourra pas nier qu’il a y a eu de l'action!
Au FantaTour, en tête du Général, Hammurabi tient le choc et conforte son avance alors que Gaëlferrari enlève le bouquet du jour.
Le Bon Plan du jour
Seules quatre téméraires Fantateams avaient eu l’audace de dépenser 42 Fantamillions pour le passe-partout Mauro Schmid. Un budget conséquent pour un coureur, certes jamais avare de ses efforts et souvent dans les bons coups mais qui ne peut néanmoins se targuer d’une flopée de succès retentissants et dont on n’imaginait pas vraiment qu’il puisse crever l’écran à hauteur du prix à payer pour s’attacher ses services. Sa deuxième place à la récente Flèche Wallone ou encore sa sixième sur la dernière Amstel Gold Race auraient cependant pu quelque peu appâter le chaland mais ça restait tout de même très cher pour un coureur qui n’a guère l’habitude non plus de briller dans les classements généraux. Mais en souvenir de son échec en pareilles circonstances l’année dernière à Toulouse et ne fût-ce que pour le spectacle offert aujourd’hui, Schmid mérite toutes les éloges pour sa formidable résistance et tous les honneurs pour cette fantastique victoire. Bravo Mauro !
Le Mauvais Plan du Jour
Quelque part, à défaut de gagner une étape, on souhaite vraiment à Jasper Philipsen de finir par remporter le classement par points et le maillot qui va avec. Car pour le belge, les jours se suivent et se ressemblent, et il est désormais inéluctable que ce Tour de France risque bien de ne vraiment pas être une franche réussite. Sans être totalement largué mais, par contre, irrémédiablement relégué aux placettes dans tous les sprints disputés depuis presque deux semaines maintenant, l’occasion était belle aujourd’hui de reprendre des points à son rival danois dans la quête de la tunique verte. Présent aux avant-postes ce vendredi sans que Pedersen n’ait pu se joindre à la fête, le belge pensait pouvoir reprendre facilement les 25 points du sprint intermédiaire et se rapprocher d’un objectif toujours atteignable. Mais c’était sans compter sur l’abnégation d’un Mads de gala et, plus que probablement, de cette irrémédiable malchance qui lui colle à la peau sur cette édition. Les dés ne sont pas encore tout à fait jetés mais il clair qu’ils semblent avoir été pipés pour la fléchette de Ham. Jammer !

