Alexandr Kristoff a remporté le GP de l’Escaut en franchissant la ligne d’arrivée en solitaire au terme d’une course tendue et épuisante, marquée par des bordures dès les premiers kilomètres de cette classique où on attendait un simple sprint massif.
Le Norvégien offre une nouvelle victoire à la formation belge Intermarché Wanty Gobert, alors que les autres équipes belges, Quick Step et Lotto Soudal, restent encore une fois bredouille.
On dit généralement que lorsque le jeu se fait dur, les costauds sortent du lot. Cette édition du Scheldeprijs était loin d’être une promenade de santé menant à un sprint final entre copains. Les conditions climatiques peu clémentes et le vent soufflant sur la Belgique ont créé des conditions parfaites pour des bordures qui se sont créées plus ou moins dès le départ de la course. Que des sprinters comme Bouhanni, Ackermann, Moschetti ou Groenewegen se fassent piéger n’était pas vraiment une surprise. Mais que les spécialistes de la Quick Step ne soient ni à l’origine des bordures, ni dans le bon coup, c’était plutôt inattendu. Pourtant c’est ce qui s’est passé, avec un groupe de tête de 17 coureurs qui a pris les devants après 20 kilomètres. Un groupe dans lequel on trouvait, entre autres, quatre Bora, dont Bennet, Meeus, Van Poppel et Mullen, les deux sprinters d’Alpecin Tim Merlier et Jasper Philipsen, Alexandr Kristoff, Edward Theuns ou Daniel McLay. Derrière, un autre groupe d’une taille similaire avec les Quick Step de Fabio Jakobsen et les Lotto Soudal d’Arnaud De Lie, a mené une poursuite intense pendant près de 150 kilomètres, alors que le reste du peloton abandonnait avant la mi-course. L’écart est resté stable autour des 30 secondes, mais la présence dans le deuxième groupe de plusieurs équipiers de coureurs se trouvant à l’avant a fait basculer le rapport de force en faveur des attaquants. Les poursuivants ont finalement hissé le drapeau blanc à 20 kilomètres de l’arrivée, confirmant le printemps pourri des deux grandes équipes belges, en particulier du Wolf Pack de Patrick Lefevere.
La course-poursuite ayant laissé les traces dans les organismes, il ne restait plus beaucoup de forces dans les jambes des gladiateurs à l’approche de l’arrivée. Ce n’est pas un hasard que le plus expérimenté du groupe, Alexandr Kristoff, a parfaitement joué le coup, en laissant les Bora et les Alpecin s’attaquer mutuellement avant de placer une accélération sur un bout de route en pavé. Une attaque qui lui a permis de s’envoler vers une deuxième victoire au Scheldeprijs, après celle plus traditionnelle de 2015. Le colosse norvégien n’est plus le classixman redoutable d’il y a quelques années, mais il reste solide comme un roc et dans un peloton décimé par les maladies et méformes, il a prouvé que sa puissance et son expérience peuvent encore faire la différence. Danny Van Poppel sauve un peu la journée des Bora, puisqu’il va chercher la deuxième place alors que ses équipiers ont explosé l’un après l’autre, dès que les attaques ont commencé. Les deux jeunes de la DSM Sam Welsford et Casper Van Uden terminent respectivement troisième et quatrième d’une course complètement folle. Quant à Tim Merlier et Jasper Philipsen, il leur aura manqué un équipier pour contrôler le final. Ils terminent à des décevantes 8ème et 9ème places.
Avec un résultat aussi surprenant, les points n’ont pas coulé à flot au Fantaclassics. L’équipe en forme du moment, Elise Zouzou, remporte cependant la victoire ex-aequo avec CCJR Team, grâce à Kristoff et Philipsen. La team d’Elise59 consolide sa deuxième place et se rapproche du leader du classement général The French.
On notera aussi la belle performance de MAMI13009, le seul fantamanager à avoir pronostiqué la victoire de Kristoff au concours du Prono du Jour. Un concours où la tension monte, puisque les deux premiers du classement provisoire Flyndustman et Furupu se tiennent en quelques points, alors qu’un groupe de poursuivants reste à portée de tir.

