Coup de tonnerre dans les Pyrénéens

On n’a pas eu droit au Tourmalet et c’est probablement tant mieux pour certains coureurs qui ont souffert les conditions climatiques très difficiles dans les Pyrénées ce dimanche. On a par contre eu droit à un vrai spectacle dans la montée de Formigal et un chamboulement au classement général, avec Richard Carapaz qui en prend la tête devant Hugh Carthy et Dan Martin, alors que Primoz Roglic, victime d’une défaillance, pointe désormais à la quatrième place à 30 secondes du nouveau maillot rouge.

La journée avait commencé comme on pouvait s’y attendre, avec une grosse échappée comptant des bons grimpeurs déjà loin au général comme les frères Izagirre, Guillaume Martin, Michael Woods, Mattia Cattaneo, Sergio Henao, Robert Power ou Rui Costa. Il est vite apparu que la victoire d’étape allait se jouer entre ses hommes, mais la lutte pour le classement général a également eu lieu dans le froid et la pluie. Sans qu’on s’en rende compte, les Movistar et Ineo-Grenadiers ont fortement accéléré dans la descente avant la dernière montée et ainsi piégé les Jumbo-Visma. Seuls Roglic et Bennet sont rentrés aux pieds de la montée de Formigal, alors que Kuss, Gesink et Dumoulin se perdaient dans le brouillard. Leurs adversaires ont vite compris que le rythme imposé par Bennett était du bluff et ont commencé à attaquer à tout va dans les dernières kilomètres, pendant que devant, Ion Izagirre s’imposait en solitaire devant Michael Woods et Rui Costa. Ce sont finalement Hugh Carty, Richard Carapaz et Marc Soler qui font la bonne opération du jour en prenant du temps à tous les autres favoris du général. Dan Martin est resté trop longtemps avec Roglic avant de lui prendre quelques secondes dans les derniers mètres, alors qu’Enric Mas fait la moins bonne montée et n’a plus que quelques secondes d’avance sur son équipier Soler.

La Vuelta est encore longue et quelque chose nous dis que les renversements de situation vont se multiplier d’ici Madrid. En attendant, saluons le nouveau maillot rouge Richard Carapaz dans une journée de rêve pour les Ineos-Grenadiers. Dommage qu’ils aient annulé Paris-Roubaix, après le rose pour Tao Geogeghan Hart, le rouge pour Carapaz, Ian Stannard ou Luke Rowe auraient pu triompher sur le Vélodrome de Roubaix.

La fanta-étape du jour est remportée par la team Forza Vuelta 2 qui rentabilise parfaitement l’entrée en jeu de son coureur réserve Io Izagirre. An Geansai Dearg reste en tête du classement général.

Le bon plan du jour

En prenant le maillot rouge au terme d’une semaine au cours de laquelle il n’a montré aucune réelle faiblesse, Richard Carapaz s’impose comme un des réels favoris pour la victoire finale. Il compte déjà 889 points et pourra aborder les prochaines étapes entouré de son équipe Ineos-Grenadier en pleine confiance et qui sait comment on gère un maillot de leader dans un grand tour. Après un Tour de France où il s’est d’abord mis au service d’Egan Bernal avant de jouer la victoire d’étape sans succès, Carapaz prouve que sa victoire au Giro 2019 n’était pas le fruit du hasard et qu’il compte bien parmi les meilleurs grimpeurs du peloton.

 

Le mauvais plan du tour

Samedi, tout le monde s’est exalté pour la tactique offensive des Jumbo-Visma et le fait de mettre Sepp Kuss dans la première échappée du jour. Après plusieurs jours où il avait à nouveau impressionné la galerie par son aisance en montagne et était considéré comme un réel leader de rechange chez Jumbo-Visma, Sepp Kuss a sombré sous la pluie des Pyrénées. Il termine à plus de 10 minutes du vainqueur du jour et peut dire adieu à ses ambitions au général. Sans que personne ne sache ce qu’il s’est passé. Pour devenir leader, il faudra éviter les jours sans qui semblent trop régulier pour l’Américain. Et même si on risque de le revoir tirer le groupe dans les cols, il ne sera pas le super bon plan au grand désespoir des 23 fantateams qui le voyaient bien sur le podium à Madrid.

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