L'AnglirHugh...!

Hugh Carthy ne s’est pas caché quand les pentes ont dépassé les 20% et, au prix d'une grande montée et d’une somptueuse giclette, s'en est allé chercher une magnifique victoire au sommet du mythique Angliru. Alexandr Vlasov, de plus en plus aérien, et l'infortuné Enric Mas complètent le podium.

La foudre s’est donc bien abattue sur l’étape reine de cette passionnante Vuelta sans pour autant faire les ravages annoncés. Certes, Roglic, à la peine ce dimanche, a bien perdu le maillot rouge au profit de Carapaz mais, merci à l'épatant Jonas Vingegaard et à l’incroyable Sepp Kuss, seules quelques dix menues secondes sur le nouveau leader. Il n’y a donc pas vraiment péril en la demeure, encore certainement moins avant un contre-la-montre qui devrait lui être favorable. Richie Carapaz, quatrième de l’étape et attaquant dans le final, récupère donc la Roja mais aurait certainement voulu reprendre plus de temps sur le slovène plus fébrile qu’à l'accoutumée. Carthy monte sur la troisième marche du podium au détriment d’un courageux et tenace Dan Martin tandis qu’Enric Mas doit toujours se contenter d’une bien peu satisfaisante cinquième place. Les quatre premiers se tiennent en 35 secondes, le plus dur est passé mais qui sait ce que nous réserve cette troisième semaine avec des conditions climatiques qu’on annonce dantesques.

Pour Poels et Vlasov, tous les deux désormais top10, la roue a tourné dans le bon sens, pour Valverde mais surtout Soler et Chaves, c’est plutôt un méchant retour de manivelle. La Movistar aurait peut-être dû attendre encore un peu avant de se mettre en tête de peloton et de, quelque part, se tirer une nouvelle balle dans le pied. Guillaume Martin perpétue, lui, la légende Moncoutié et continue sa lutte dans la quête aux pois sans se poser trop de questions. Place demain à la journée de repos et aux tergiversations les plus diverses quant au nom du futur vainqueur à Madrid dans, pile poil, une semaine.

À la FantaVuelta, victoire de L’équipe de la Loose, bien inspirée d’avoir pris Carthy en remplaçant de Martinez et pas de changements au général où An Geansaï Dearg contrôle toujours les opérations avant l’ultime ligne droite de la saison.

Le bon plan

Hugh Carthy est en train de réaliser une Vuelta de toute beauté et son succès en costaud sur le monstrueux Angliru ne fait que confirmer les belles prestations dont le britannique nous avait régalé sur le Tour d’Italie l’année passée. À l’époque, il était le dernier à accompagner les meilleurs, déjà Carapaz et Roglic en l’occurrence, mais il lui manquait encore ce petit plus pour conclure. Victorieux ce dimanche, les déroutes conjuguées de Martinez et de Woods n'ont certainement pas manqué de faire son bonheur et Carthy saisit à pleines mains, aujourd’hui, la chance qui lui est offerte. Déjà 786 points et un matelas qu’il risque bien de remplir encore en dernière semaine, Hugh Carthy pourrait tout simplement être la toute belle surprise de ce Tour d’Espagne.

Le mauvais plan

Pourquoi la Movistar s’est-elle mis à rouler dans la Mozqueta, avant-dernière ascension du jour, alors qu’elle n’avait qu’à laisser faire la Jumbo et tenter de tout faire exploser pour son leader, bien en jambes, dans l’Angliru. L’équipe espagnole a, bien sûr, permis une première sélection mais elle s’est surtout épuisée en vain et n’a pu d’être aucun secours pour Enric Mas au plus fort de la bataille. Venue pour gagner, l’aigle à trois têtes avaient pourtant les cartes en main pour blesser là où ça fait mal, mais pêche de nouveau tactiquement et risque bien de se retrouver le bec dans l’eau. Mas n’a pas gagné et les quelques secondes reprises ne suffisent assurément pas. Qui plus est, Valverde est désormais à plus de six minutes et Soler vingtième du général. Pour une équipe qui n’a remporté que deux malheureuses victoires cette saison, les choses n’ont pas l’air de véritablement changer.

La question du jour

Grand favori du chrono sur le dernier Tour de France, on se rappelle que Primoz Roglic, sans être mauvais, s’était pris une belle gamelle, la plus grande désillusion de sa carrière sans aucun doute. Sans lui espérer le moins du monde la même mésaventure, l’histoire peut-elle se répéter ce mardi ?

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