podium

Un menu gargantuesque attendait les coureurs ce samedi avec pas moins de quatre cols à  gravir, et non des moindres, pour l’étape reine de ce Tour et un cumul de 5450 mètres de dénivelé positif à  se farcir après trois semaines de course. Avec les cols de la Croix de Fer, du Télégraphe, du Galibier et de Sarenne, soit 3 hors-catégorie tout de même, et les dernières kilomètres de l’Alpe d’Huez en guise d’arrivée, autant dire qu’il allait falloir avoir de l’appétit pour en  venir à bout.

Et de l’appétit, force est une nouvelle fois de constater, Richard Carapaz et Mads Pedersen n’en manquent pas. Le premier s’est adjugé l’étape et le gain du maillot à pois au bout d’un suspense insoutenable tandis que le second n’a pas hésité à se lancer tambour battant à l’assaut du Col de la Croix de Fer pour s’en aller chercher les derniers points qui lui manquaient pour définitivement se parer du maillot vert à Paris. Messieurs, chapeau bas!

Sous la menace d’un Ayuso en chasse-patate aux avant-postes, le groupe des favoris a, lui, attendu le col du Galibier pour lancer les hostilités avant que la situation ne se décante enfin dans le Col de Sarenne. Pogacar, Del Toro,  Evenepoel et … Martinez prennent le large, laissent à quai Paul Seixas et Matias Skjelmose et partent à la poursuite de Kuss, Carapaz et Hindley. La fin de course fut tout simplement haletante, probablement le plus fort, l’américain va chuter deux fois et se faire  griller la politesse pour le gain de l’étape par un Richie Carapaz dont l’abnégation n’est définitivement plus à prouver. Remco, qui avait  faussé compagnie à Del Toro et à son fidèle lieutenant slovène,  échouera, lui, dans les talons de l’équatorien après un vain mais courageux baroud d’honneur. Pogi reste évidemment en jaune, Isaac conserve son maillot blanc, Remco est le plus magnifique des dauphins et Seixas, malgré une fin de Tour délicate, aura éclaboussé de toute sa classe une Grande Boucle de haute voltige. Épilogue de ce somptueux menu cinq services, le champagne n’avait plus qu’à être débouché. Santé !

Au FantaTour,  deuxième victoire consécutive et conjointe pour BBCT et Verge pendant qu’Eddy et Dino jetaient leurs dernières forces dans la bataille du Général les opposant aux Joël Robuchon du peloton, les Furupu’s.

Le Bon Plan du jour

Difficile de ne pas mettre Richard Carapaz  au sommet de la pyramide du bon plan tant l’équatorien a survolé ces trois derniers jours dans les Alpes. Avec deux victoires, une troisième place, le titre de super combatif du Tour et le maillot à pois sur les épaules, La Locomotive du Carchi a tout simplement tout écrasé sur son passage. Du talent, du panache, de la hargne, à 33 ans, le résilient Richie nous a offert la meilleure version de lui-même dans les grands sommets alpins et accouche de  ce magnifique chef d’œuvre en guise de conclusion. Et encore, on ne parle pas de son tonique début de Tour où la réussite l’avait pourtant quelque peu boudé car, malgré une troisième place aux Angles le troisième jour, Carapaz n’a jamais cessé d’être en prise depuis le départ de Barcelone sans pour autant en être récompensé. Mais en spécialiste de la troisième semaine qu’il est, Richard n’a jamais lâché le morceau et nous prouve, une nouvelle fois, qu’il est vraiment un grand champion. Excepcional !

Le Mauvais Plan du Jour

Après l’abandon de leur leader Jonas Vingegaard, il ne restait plus à l’équipe Jumbo-Visma que des miettes pour tenter d’encore se mettre quelque chose de consistant sous la dent. Sepp Kuss était bien parti ce samedi pour redonner le sourire à des bataves meurtris par la perte de leur unique mentor mais, malheureusement, l’émotion a pris le dessus sur la raison dans la descente du col de Sarenne où l’américain avait tout en main pour s’offrir un retentissant succès de prestige. Kuss a donc tâté du bitume par deux fois et a vu s’envoler une victoire qui ne pouvait logiquement et légitimement plus lui échapper. On ne lui jettera néanmoins pas une lourde pierre mais, quand même, c’était digne d’un énième opus de Very Bad Trip. Oh shit !

Comments

Il me reste 3 cartouches pour reprendre 185 pts à Eddy. Allegart,Nicolau et Skaarseth. De vraies balles à blanc…J’attends les résultats finaux pour savoir si les Furupu’s nous invitent à leur repas de fête.