Sans surprises, Pippo Ganna a remporté l’unique contre-la-montre du Giro 2026. Il faudrait même dire qu’il frappé un coup de massue pour écraser l’épreuve en volant à près de 55 km/h sur les 42 bornes du parcours et en refilant presque 2 minutes au deuxième de l’épreuve, son équipier Thymen Arensman. C’est d’ailleurs le Néerlandais qui fait la très bonne opération du jour parmi les leaders du général, puisqu’il prend beaucoup de temps à ses adversaires, y compris à Jonas Vingegaard auteur d’une prestation très moyenne. Cette relative-contre-performance de Vingo permet à Alfonso Eulalio de garder son maillot rose malgré une heure de souffrance terminée avec le 41ème temps à 4’57 du vainqueur. Parmi les autres leaders qui peuvent être satisfaits, on peut citer Derek Gee-West, (5ème) et Ben O’Connor (11ème) qui font mieux que Vingegaard, alors que Storer, Pellizzari, Hindley et le jeune Beloki perdent juste un peu de temps, mais sont plus ou moins là où on les attendait. Contrairement à ce que certains avaient annoncé, les bonnes jambes montrées en première semaine n’ont pas permis à Felix Gall de briller dans un exercice qu’il ne maitrise pas. Au contraire, l’ Autrichien a vraiment eu du mal et termine 33ème à 4’22 en perdant notamment 2’28 sur Arensman, ou 1’40 sur O’Connor. Seuls Mathys Rondel et Christian Scaroni font moins bien que Gall et sortent d’ailleurs du top-10 du général après ce contre-la-montre épuisant. Mais malgré des écarts assez importants, personne n’aura perdu énormément de temps sur Jonas Vingegaard, étant donné la mauvaise prestation du favori numéro un. On peut même dire qu’on a vécu une journée « école des fans » entre Viareggio et Massa : tout le monde a gagné…
Comme annoncé par notre suiveur Dino-à-qui-rien-n’échappe, c’est la team Heja BVB qui remporte la fanta-étape du jour, même si elle ne place que 5 de ses spécialistes du chrono dans le top-15 du jour, alors que la team PLC reste en tête du général avec sa combinaison Eulalio-Magnier-Ciccone-Pellizzari.
Le bon plan du jour
On savait que Thymen Arensman pouvait, sur papier, prendre du temps aux purs grimpeurs, surtout qu’il avait évité l’habituel jour-sans de début de grand tour et qu’il semblait déjà monter en puissance en fin de première semaine. Mais prendre 22 secondes à Derek Gee-West et 1’06 à Jonas Vingegaard, deux coureurs qu’on aurait mis plus ou moins au même niveau que le Batave dans l’exercice individuel, c’est plutôt inespéré et place Arensman en bonne position pour lutter pour le podium final. La route est évidemment encore longue, mais les 345 points récoltés sont déjà garantis, et sa troisième place au général devrait grossir son score dans les prochains jours, jusqu’à la haute montagne attendue pour samedi prochain.
Le mauvais plan du tour
Si Ganna et Arensman ont réédité le 1-2 du chrono de Tirreno-Adriatico, il leur a manqué le troisième larron qui aurait pu compléter la fête de l’équipe Netcompany-Ineos s’il avait fait une prestation digne de son niveau. Mais comme depuis le départ en Bulgarie, Magnus Sheffield se contente de rester dans le ventre mou du classement et sa 31ème place, entre Piganzoli et Bettiol, dans un contre-la-montre pour rouleurs est une grande déception pour l’Américain. Il en a peut-être gardé sous la pédale pour enfin partir à l’attaque dans les prochains jours, mais il en faudra bien plus pour que les 11 millions dépensés par 15 fantateams finissent par être rentables.
La question du jour
Vu l’impact qu’un contre-la-montre peut avoir sur le classement général et le rééquilibrage qu’il opère entre leaders-rouleurs et leaders-grimpeurs, ne devrait-on pas revenir aux distances de contre-la-montre qu’il y avait au début des années ’90 ? Cela pourrait permettre, par exemple, à des coureurs comme Remco Evenepoel de prendre de l’avance sur des purs grimpeurs pour ensuite la défendre dans les cols de haute montagne, ce qui ajouterais un peu de piment aux courses. On avait effectivement réduit les kilomètres de clm et augmenté les étapes de montagne face à la domination de coureurs comme Indurain, Armstrong, Wiggins, Froome, Dumoulin ou Thomas qui écrasaient les chronos et suivaient sans problèmes en montagne, ce qui réduisait fortement le spectacle sur trois semaines. Mais aujourd’hui, ne faudrait-il pas faire le contraire ?


Comments
D'accord avec Lucho, le…
D'accord avec Lucho, le charme des longs CLM s'est perdu, ainsi que leur influence sur le classement final. Je pense que c'est dommage - tout comme se restreignent les opportunités offertes aux sprinters, dommage aussi (pas seulement sur les GT d'ailleurs - à titre d'exemple, un Kuurne-Bxl-Kuurne n'est plus dessiné pour eux, toutes les semi-classiques se durcissent). En même temps, on sait que le parcours est désormais dessiné pour attirer certains cracks, donc certains sponsors/certains diffuseurs. Tout est une affaire de dosage. Tu veux Evenepoel au départ ? Tu mets minimum 70 bornes de CLM individuel sur 3 semaines. Si la tendance prochainement est de rallonger les CLM individuels sur les GT (perso j 'y suis favorable - peut-être par pure nostalgie ? ou par souhait d'étalonnement des forces en présence, tout simplement), je connais un petit Paul qui se frotte déjà les mains....
Par exemple j'ai bien aimé…
Par exemple j'ai bien aimé ce qui s'est passé aujourd'hui, même si ça ne fait pas les affaires de mes teams. C'est sain.
Qu'apprends-je ce soir ?…
Qu'apprends-je ce soir ? Pogi sur la Vuelta cette saison ? C'est Almeida qui va être content... ;-)