Jonas Vingegaard a définitivement assuré son maillot jaune en s'imposant avec fracas à Hautacam. Bien aidé par de tonitruants équipiers et par un monstrueux WVA, le danois a littéralement explosé le double tenant du titre, Tadej Pogacar. Le Slovène, à qui Van Aert a infligé une monumentale gifle dans la dernière ascension, termine deuxième de l’étape et ne revêtira donc pas la céleste tunique pour la troisième fois d'affilée à Paris. Quant à Wonder Wout, parti au kilomètre zéro, il se classe troisième de ce dernier volet d’un triptyque pyrénéen chaud bouillant.
Il n’aura donc pas fallu attendre très longtemps pour voir Van Aert et une trentaine de courageux prendre les devants et attaquer les cols d’Aubisque et de Spandelles en tête. Une course par élimination s’engage et le belge sort presque tout le monde de sa roue pour se présenter au pied d’Hautacam accompagné des seuls Pinot et Martinez qu’il finira, « forcément » par faire aussi craquer. Derrière, c’est également la foire au boudin et Pogacar se charge de mettre le feu au peloton des cadors. Quatre foudroyants coups de boutoir permettent au slovène de tout faire sauter et d’engager un somptueux mano à mano avec le danois. Mais, au contraire de la veille, Vingegaard a pu compter sur une équipe Jumbo monumentale pour tenir la dragée haute à son insatiable adversaire. Kuss et Benoot en tête, Magic Van Aert ensuite, ils n’ont laissé aucune chance à Pogacar de mettre à mal leur leader qui parachèvera leur travail de la plus belle des manières. Héroïque !
Et une fois de plus, pour tous les autres, le but était surtout de survivre et de tenter de rafler ce que les deux maftaboules ont bien voulu leur laisser. Et à ce jeu, c’est à nouveau Geraint Thomas qui s’en est le mieux sorti, suivi d’un offensif David Gaudu qui ravit la quatrième place à Nairo Quintana. La belle surprise nous est venue de Louis Meintjes, grand animateur de cette épique étape et, dans une moindre mesure, d’Alexei Lutsenko, excellent en cette fin de Tour. Vlasov garde, par miracle la tête hors de l’eau là où Bardet et Mas boivent une nouvelle fois la tasse. La montagne est désormais derrière eux mais on a bel et bien assisté à un spectacle hors-catégorie. Magique !
Au FantaTour, victoire conjointe du Fanta maillot jaune Gribouille & co et de la Gitane devant un grupetto de six Fantateams dont Compagnie fruitière, El Diablo, Team GAAO A, Prius Boys, Jay#1 et Tititeam faisaient partie. Koum parvient, lui, à se glisser sur la troisième marche de ce conséquent podium.
Le bon plan du jour !
Une fois encore, on pourrait décerner des palmes à de nombreux acteurs ce jeudi. À commencer par l’imperturbable Vingegaard, à l’inexorable mais néanmoins friable Pogacar ou encore à l’incommensurable Van Aert. Mais au-delà des chiffres et du résultat, Louis Meintjes mérite ces honneurs et sa place dans cette si enviée rubrique. Le sud-africain de la Wanty revient de loin et fait aujourd’hui partie des coureurs les plus emballants de ce Tour de France. Offensif à souhait, le grimpeur de poche fait preuve d’un panache hors-pair et il ne doit sa sixième place au Général qu’à lui-même. L’attaque paie et contrairement à d’autres noms plus ronflants, le petit Louis n’hésite pas à prendre des risques quitte à tout perdre. C’est beau, c’est frais, on en redemande !
Le mauvais plan du jour !
N’aurait-il pas mieux valu pour la FDJ de ne se concentrer que sur un objectif plutôt que de croire encore à l’impossible avec un coureur, certes talentueux mais qui semble aujourd’hui complètement cramé. On n’enlèvera rien aux mérites de Tibopino et à sa magnifique carrière mais là, clairement, il y avait assurément un podium à jouer pour David Gaudu. Le Breton est en forme, Valentin Madouas est énorme et avec l’aide d’un Pinot qui semble ne plus pouvoir se battre avec les meilleurs, le scénario aurait pu être assurément différent. Il faut laisser la chance à la chance diront certains mais là, la FDJ est sans aucun doute passée à côté de quelque chose de grand. Dommage !
Le Prono-Provoc du jour !
Pas de miracle à Lourdes ce jeudi mais une résurrection sur les routes de Cahors ce vendredi ! Le chemin de croix de Caleb Ewan y prend fin et l’australien ne fait qu’une bouchée des deux anecdotiques ascensions répertoriées de la journée avant de s’imposer au terme d’un sprint peu orthodoxe mais néanmoins extatique pour un ange qu’on pensait déchu. Oh my God!


Comments
Merci Eddy, ca fait du bien…
Merci Eddy, ca fait du bien de communier un peu sur cette étape grandiose! louis (dis-moi oui) a bien mérité sa chronique, pogi en grand romantique teinté de tragique… (mais pogi, souris) quel spectacle! Papanache s’est régalée en tout cas, meme si ca lui a rappelé de lointains souvenirs :D
sinon le mot de Rodrigo du jour: Woutacam :)
J attendais un cahors-délai…