La campagne des classiques pavés s’est achevée en apothéose, avec une course intense, rapide, la plus rapide de l’histoire, remportée par le nouveau roi des pavés, Mathieu Van der Poel. L’édition 2023 de Paris-Roubaix a offert le spectacle tant attendu, avec les Jumbo-Visma qui ont fait exploser la course avant même d’arriver dans la trouée d’Arenberg, mais qui se sont finalement retrouvés en infériorité après la crevaison de Laporte et le retour de Philipsen et Vermeersch dans le groupe de tête. Tous les favoris et outsiders étaient là et se sont livrés une bataille épique pour finalement s’incliner devant le nouveau roi du Nord.
Voici les bonnes notes de Paris-Roubaix 2023, car pour une fois, on a envie de péter personne, à part les Quick Step évidemment.
10 – The King of the North
Champion du monde de cyclocross, Milan-Sanremo, deuxième du Tour des Flandres, Paris-Roubaix. Que dire de plus sur l’exceptionnel printemps de Mathieu Van der Poel. Le voir courir est un pur plaisir, le voir gagner devient une normalité. Le seul regret, c’est qu’on ne le verra plus trop pendant les prochains mois.
9.5 – Japser Philipsen
Un des débats du printemps était de savoir si Jasper Philipsen était plus qu’un simple sprinter. Les quelques doutes qui subsistaient la veille de Paris-Roubaix ont été balayés après une course tout simplement parfaite et une deuxième place qui en dit long sur le potentiel de Philipsen sur les classiques pour les années à venir. Il était l’intrus ou en tous les cas l’invité surprise dans le groupe de tête, mais il a couru comme un champion expérimenté, en contribuant fortement à la victoire de son leader, tout en battant un Van Aert des grands jours, dans la lutte pour la deuxième place. Chapeau !
9.5 – Otono Bike 2023
Le leader du Fantaclassics n’avait pas encore remporté une victoire partielle malgré une domination évidente depuis quelques semaines. La question est réglée avec un succès logique, vu la composition de l’équipe : Van der Poel Van Aert, Philipsen, Pedersen, Kung, Ganna, Laporte… on pouvait difficilement faire mieux pour les courses flandriennes. La formation de gagge85 n’aura pas beaucoup d’armes pour les Ardennaises, mais avec près de 1000 points d’avance, elle pourrait bien résister au retour du peloton.
9 – Mads Pedersen
L’ancien champion du monde avait une réputation de coureur peu fiable, souvent cité comme favori mais jamais vraiment présent lorsqu’on l’attend. Il a clairement franchi un cap cette année, en réalisant une campagne de toute beauté : 6ème de Sanremo, 14ème à l’E3, 5ème de Gand-Wevelgem, 5ème du Dwaars door Vlanderen, 3ème du Tour des Flandres, 4ème de Paris-Roubaix… Il ne lui a manqué que la victoire pour couronner le printemps. Il a en plus couru avec panache, ne lésinant pas sur les efforts, comme entre Paris et Roubaix où sont retour sur le groupe de tête dans la Trouée d’Arenberg est une des grosses performances du jour.
8.5 – The dream Team
Avec MVDP, WVA, Philipsen, Pedersen, Ganna et Laporte, la dream team portait bien son nom. Elle a été battue par plus fort sur Paris-Roubaix, avec une deuxième place sur le podium qui s’accompagne d’une deuxième place au classement général. Mais attention, car avec Pidcock, Cosnefroy et Evenepoel, la remuntada est encore possible.
8.5 – John Degenkolb
Quel plaisir de revoir Johnny lutter pour la victoire dans une course majeure, après tellement de prestations anonymes. Les pavés du Nord lui avaient offert une première renaissance lors de sa victoire dans l’étape de Roubaix du Tour de France 2018. Mieux que Jésus Christ, il a ressuscité une deuxième fois en ce jour de Pâques, avec une prestation 5 étoiles gâchées par une malheureuse chute dans le Carrefour de l’Arbre. Qui sait ce qu’aurait pu faire Degenkolb s’il n’avait pas chuté. Ses larmes dans le vélodrome resteront en tous les cas une des images fortes du jour.
8 – Team Rolex
Troisième place pour la Team Rolex qui pouvait compter sur le quarté gagnant et a aussi pris des points qui font plaisir avec Florian Vermeersch, Sep Vanmarcke et Tim Merlier.
7,5 – Stefan Kung
La force tranquille était au rendez-vous, c’est ce qu’on attend de lui. Par rapport à l’année dernière, il est un peu moins performant et les limites montrées dans les derniers kilomètres ce dimanche confirment qu’il manquait quelque chose au Suisse pour enfin remporter une grande classique.
7 – Filippo Ganna
Lui aussi était présent au rendez-vous, ce qui n’était pas gagné d’avance vu son manque d’expérience sur les courses pavés. Lui aussi a eu du mal dans les derniers secteurs, mais cette performance confirme qu’il peut viser plus haut dans le futur. Le recordman de l’heure avait annoncé qu’il voulait lutter pour la victoire à Sanremo et à Roubaix et il a atteint son objectif de manière assez impressionnante. Il aurait d’ailleurs mérité une note plus élevée, mais ses déclarations polémiques à la fin de la course (« certains disent qu’ils ont des crampes, puis font le sprint ») étaient assez déplacées, puisque comme à Sanremo, le rouleur italien n’avait plus rien dans les jambes dans le final et a été le premier à sauter les relais…
6 – Wout Van Aert
On est désolé pour Wout, car on aurait aimé lui donner la note maximale. Il était très fort ce dimanche et sans les monts où il avait montré des limites dans les courses flamandes, il n’a jamais été lâché par Van der Poel. Mais la malchance lui a joué un mauvais tour, avec cette maudite crevaison dans le Carrefour de l’Arbre (sans compter la crevaison de Laporte qui a fait sauter les plans de l’équipe). Pas certain qu’il gagnait sans cette mésaventure, mais on aurait au moins eu droit à un sprint magique au vélodrome. Malchance ou pas, lorsqu’on annonce clairement que l’objectif du printemps est de remporter le Ronde ou Paris-Roubaix et qu’on rentre bredouille, avec une seule victoire sur le GP de l’E3 et un cadeau pour son équipier à Wevelgem, on ne peut pas avoir plus que la moyenne.
5 – Soudal – Quick Step
Rien de neuf chez les hommes de Patrick Lefevere pour cette dernière classique pavé : on rate le premier coup, on n’est pas dans le groupe qui rentre sur la tête, on perd les leaders sur chute, on place le meilleur coureur au-delà de la vingtième place. Bref, une classique normale pour le nouveau Wolf Pack.
Non noté mais avec mention spéciale – Peter Sagan
Voilà, on ne verra plus Peter Sagan sur une classique du Nord. Sa tournée d’adieu s’est terminée dans le ravin du secteur 10 avec un détour à l’hôpital, histoire de bien lui rappeler que c’était la saison de trop. Dommage, car cette fin de carrière n’est pas digne du champion qu’il a été et, malgré l’absence totale de motivation depuis deux ans, on aurait tant aimé le voir une dernière fois à l’avant de la course avant de le remercier pour son œuvre.


Comments
10 - Alpecin Deceuninck…
Haha, j’imagine que pour le…
Haha, j’imagine que pour le Giro ils nous préparent la variante “Because I want to win Roubaix”…
MDVP est un très beau…
Alpecin, because i want to…
Alpecin, because i want to keep my air pressure...