podium

L’étape reine de cette Vuelta n’aura pas accouché d’une souris mais on n’en est tout de même pas passé loin. Car force est de reconnaître que le parcours de cette vingtième étape avait tout ce qu’il faut d’indigeste et qu’après trois semaines de course, il convenait d’avoir les cuisses  encore suffisamment affûtées pour affronter les affolants pourcentages qui menaient au Collado del Alguacil. Nuls doutes qu’il était donc indispensable d’avoir du cœur et du courage pour en venir à bout.

Et c’est un vieux grognard en la personne de Mikel Landa qui s’y est imposé au terme d’un ultime solo que seul un sage comme le Basque pouvait offrir aux nombreux afficionados présents et ravis de voir l’aigle de Murgia retrouver des ailes. Patient et rusé, Landa a su se défaire au meilleur moment du tenace Tobias Johannessen, deuxième et du sans doute trop généreux Ramses Debruyne, troisième. Une journée aux consonances espagnoles puisque Pau Miquel et Urko Berrade complètent le Top5 de l'étape et qu’Enric Mas  a définitivement scellé son succès sur le Tour d’Espagne ce samedi. Olé… !

Car hormis quelques louables pétards mouillés de Richie Carapaz et un dernier baroud d’honneur de Felix Gall, le majorquin n’a guère tremblé dans cette dernière étape de montagne et il peut désormais savourer avec délectation une victoire dont il a tant rêvé sur son Tour fétiche. Roglic s’est, lui, offert quelques sueurs froides tandis que Sepp Kuss a profité de l’apathie des leaders pour se repositionner en cinquième position au classement général au détriment d'Oscar Onley. On retiendra également que Van Aert a encore fait du Van Aert et qu’il portera assurément le maillot vert sur les épaules à Grenade alors que Santi Buitrago, malgré sa rapide défaillance, s’en retournera, lui, avec le maillot à pois.

À la FantaVuelta, miguel indurain assure toujours sereinement le tempo en tête de la meute fantacyclique avant le sprint final pendant qu’Aupa athletic enlève le bouquet du jour.

Le Bon  Plan du Jour

La première et dernière fois que Mikel Landa a pu savourer une victoire sur son Tour d’Espagne, il faut remonter à l’an 2015 et, à l’époque, le basque était encore le lieutenant d’un certain Fabio Aru. Autant dire qu’on parle d’un temps que les moins de vingt ans… Non, je m’emballe un peu là mais réitérer le même exploit onze ans plus tard a quelque chose de magique surtout quand on connaît le pédigrée d’un coureur qui n’a pas toujours été épargné par la malchance et autres coups du sort. D’autant qu’à 36 ans, Landa est désormais au crépuscule d’une longue carrière qui n’aura pas été aussi prolifique que ce qu’on pouvait bien lui prédire et qu’accrocher ce magnifique succès à son palmarès est à lui seul la plus belle signature qu’un artiste aussi talentueux pouvait laisser dans les annales du monde de la petite reine. Muchas gracias Mikel !

Le Mauvais Plan du Jour

On a déjà parlé à maintes reprises dans cette rubrique du solide coup de mou dont Mattias Skjelmose a été la victime sur ce Tour d’Espagne. On mettra donc à l’honneur un autre coureur qui, lui aussi, a explosé en plein vol et qui, malgré son maillot de meilleur jeune, a craqué au pire des moments. Car Oscar Onley n’était pas venu en Espagne pour enfiler des perles et, après une saison on ne peut plus morne, le britannique s’alignait sur cette Vuelta avec l’ambition de faire bien mieux qu’une insipide sixième place au Général. Certes, il n’y a pas encore péril en la demeure pour ce jeune coureur de 23 ans mais il est clair qu’on attendait bien plus de celui qui, l’an dernier, terminait brillant quatrième du Tour de France. Qui plus est, se faire griller la politesse dans la dernière ligne droite par un Sepp Kuss dont on ne peut pas vraiment retenir le brillantissime parcours sur les routes ibériques est assurément un bien mauvais plan. Souhaitons lui juste de ne pas suivre les traces de son équipier Carlos Rodriguez qui lui aussi avait touché en son temps du bout des doigts les étoiles mais qui n’est plus aujourd’hui qu’une anonyme météore probablement à jamais perdue.

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