Brandon McNulty a été sacré champion du monde ce dimanche à Montréal ! L’Américain s’impose en solitaire au terme d’une course folle et massacrante, où les grands favoris n’ont rien pu faire face à la supériorité collective de la team USA. Un incroyable Michael Matthews prend la médaille d’argent devant l’infatigable Mathieu Van der Poel.
Eddy Breckx remporte quant à lui un des titres qui manquait à son palmarès et endosse le fanta-maillot de champion du monde grâce à une belle armada et surtout à des choix audacieux et réussis.
Ceux qui ne l’avaient pas encore compris ont eu une nouvelle confirmation ce dimanche en regardant les championnats du monde de Montréal : le cyclisme est un sport d’équipe avec un vainqueur individuel. Car on a rarement vu une course où l’avantage du nombre a eu un impact bien plus important que le talent et la force d’un coureur individuel. Bien sûr, Van der Poel, Del Toro, Seixas et Pidcock étaient les plus forts, mais ils étaient seuls dans les 100 derniers kilomètres et ont dû affronter une équipé américaine où Simmons, Jorgenson et McNulty ont parfaitement gérer leurs forces et leur tactique collective. Les Italiens auraient pu être dans une situation similaire, mais si Giulio Ciccone était dans le coup comme prévu, les autres atouts comme Scaroni et Piganzoli étaient un cran en dessous, alors que Pellizzari et Finn étaient absents des débats. Les trois américains étaient quant à eux bien en jambes et ont parfaitement géré la course lorsque Mathieu Van der Poel a attaqué à 100 kilomètres de l’arrivée, amenant avec lui Van Aert, Simmons, Onley, Roglic et Charmig. Cette accélération a fait exploser le peloton et la plupart des nations se sont trouvées sans équipiers pour soutenir les leaders dans leur poursuite. Del Toro et Seixas ont dû prendre beaucoup de vent pour gérer la situation, sans compter un Ben Healy en mode « j’attaque-tous-les-trois-kilomètres » qui aurait fatigué le plus costaud des champions d’ultra-trail.
Les Belges semblaient être dans un fauteuil, mais on a vite compris que les montées étaient trop dures pour Van Aert et que Remco n’était pas dans un bon jour. Le vainqueur de l’épreuve du contre-la-montre n’a cependant rien lâché et mérite clairement le titre de champion du monde du yoyo, vu le nombre de fois où il a été largement lâché avec un retour dans le groupe des favoris systématique laissant un peu d’espoir à de nombreux fantamanagers. Les derniers 100 kilomètres des championnats du monde nous ont alors offert une course magnifiquement chaotique, avec des attaques, des contres, des craquages, des retours, des presque retours… Impossible de savoir comment le final allait se dérouler. Tout le monde restait candidat au podium jusqu’aux derniers kilomètres, même un Remco à l’agonie ou un Mads Pedersen qu’on n’avait plus vu depuis deux heures et qui est revenu du diable vauvert dans le dernier tour en compagnie de Mauro Schmid. Et dans tout ça, une maitrise tactique des Américains qui ont fini par lancer Brandon McNulty peu après que le groupe des favoris était revenu sur Van der Poel et Simmons. Les capacités de rouleur de Mister Moustache, l’indécision tactique des favoris, la fatigue et Matteo Jorgenson ont fait le reste pour permettre à l’Américain d’arriver jusqu’au bout et endosser un maillot arc-en-ciel tout aussi inattendu que mérité. Michael Matthews se confirme homme de championnat et va chercher une belle médaille d’argent devant Mathieu Van der Poel qui a peut-être regretté son attaque à 100 kilomètres de l’arrivée. Pas de podium pour les grands favoris Del Toro et Seixas, le jeune français étant carrément à l’arrêt, victime de crampes dans le dernier tour.
Une défaillance qui a fait plaisir aux rares fantamanagers qui avaient parié sur un scénario inédit ou qui s’étaient du moins dit qu’il valait mieux miser sur un grand nombre de candidats au top-10 plutôt qu’espérer deviner le podium, voir le top-4, exact. C’est le cas d’Eddy Breckx, qui dans l’interview d’après-course a révélé avoir remplacé la paire Del Toro-Bettiol par MVDP-Matthews en dernière minute, ce qui s’est évidemment avéré être le choix gagnant, malgré l’absence de McNulty. Mais, grâce aux millions épargnés avec l’absence de Del Toro et Seixas, Eddy a pu s’offrir Matthews, Pidcock, Simmons et Healy, en complément d’Evenepoel et MVDP. Une véritable armada qui a rapporté 2550 points, ce qui était largement assez pour devancer la team Koum et sa belle combinaison Mc Nulty-Matthews-Del Toro, malheureusement trahie par Seixas et surtout par Wout Van Aert. La formation Belgium Panzer d’El Pistolero007 monte quant à elle sur la troisième marche du podium avec Matthews, MVDP, Simmons, Ciccone et Evenepoel.
Bravo aux joueurs qui ont eu du panache et qui ont misé sur des coureurs un peu moins côtés. Bravo surtout d’avoir fait confiance à ce vieux briscard de Michael Matthews, ce qui aura fait toute la différence. En parlant de vieux briscard… bravo à Eddy Breckx et son fantamaillot arc-en-ciel qui lui va comme un gant.


Comments
Merci Lucho! Édition…
Merci Lucho! Édition stratosphérique à tous points de vue du championnat du monde, un peu comme à Paris-Roubaix en avril, les 100 derniers kilomètres ont vraiment été dingues. Quoiqu'on en dise, Mc Nulty est un beau champion du monde, quelle course de l’équipe US... Et quelle course tout court de tous les coureurs du Top15, c’est parti dans tous les sens sans un seul instant de répit et ça, perso, ça a vraiment fait mon affaire. Une vraie Classique comme on les aime.... J'ai plus que vibré qui plus est avec une telle cerise sur le gâteau! Viva Fantacycling!